Les grands actionnaires de Veolia n'ont pas soutenu Frérot

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ANTOINE FRÉROT N'A PAS ÉTÉ SOUTENU PAR LES TROIS PREMIERS ACTIONNAIRES DE VEOLIA
ANTOINE FRÉROT N'A PAS ÉTÉ SOUTENU PAR LES TROIS PREMIERS ACTIONNAIRES DE VEOLIA

par Matthieu Protard et Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Les trois premiers actionnaires de Veolia Environnement n'ont pas soutenu la récente décision de renouveler le mandat du PDG Antoine Frérot, ont déclaré jeudi à Reuters le président de la commission de surveillance de la CDC et une source proche du numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets.

Le conseil d'administration de Veolia a annoncé fin février qu'il proposerait aux actionnaires de renouveler le mandat d'administrateur d'Antoine Frérot, dont le poste semblait menacé, sans détailler le résultat du vote des administrateurs.

La CDC est le premier actionnaire de Veolia (8,9% du capital à fin 2013), devant la famille Dassault (6,0%) et Groupama (5,2%).

"A ma connaissance, ni la Caisse des dépôts ni les deux autres principaux actionnaires, Groupama et le groupe Dassault, n'ont participé à la reconduction de Monsieur Frérot", a déclaré à Reuters Henri Emmanuelli, président de la commission de surveillance de la CDC.

La commission de surveillance de la CDC - qui a pour mission de "veiller au contrôle sur les décisions majeures, les orientations stratégiques, les prises de participation, la gestion du Fonds d'épargne et la vérification des comptes de la Caisse" - est toujours présidée par un parlementaire.

Une source interne à Veolia - qui fait partie des soutiens d'Antoine Frérot - a confirmé les déclarations d'Henri Emmanuelli, jugeant toutefois que la résolution sur le renouvellement du mandat du PDG serait validée lors de l'assemblée générale des actionnaires.

"Elle sera forcément approuvée. Je ne les vois pas (la CDC, Dassault et Groupama) voter contre à l'AG étant donné qu'ils ont perdu au conseil", a déclaré cette source.

Veolia a précisé que, dans l'hypothèse d'une approbation de ce renouvellement le 24 avril, il désignerait Antoine Frérot comme PDG pour un nouveau mandat de quatre ans.

"MINI PUTSCH"

Veolia et Groupama n'ont pas commenté ces informations tandis que le groupe Dassault n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Un porte-parole de la CDC n'a pas non plus voulu faire plus de commentaires, disant "tenir à la protection de la confidentialité des débats et des votes lors des conseils d'administration."

Le conseil de Veolia compte actuellement 16 administrateurs, dont 13 sont considérés par le groupe comme indépendants.

La presse a rapporté début février que le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat (APE) David Azéma avait le soutien de la famille Dassault pour prendre la tête de Veolia en remplacement d'Antoine Frérot.

David Azéma a cependant fait savoir ensuite qu'il n'avait "reçu aucune sollicitation ferme" et n'était pas candidat et, dans la foulée, Antoine Frérot a obtenu du conseil de Veolia qu'il renouvelle son mandat.

Le groupe Dassault a confirmé jeudi à Reuters avoir envisagé le remplacement d'Antoine Frérot à la tête de Veolia.

Antoine Frérot a lui-même affirmé début mars sur BFM Business que Dassault avait tenté de le remplacer à la tête de Veolia, précisant que GIMD, la holding familiale des Dassault, était mécontente de la chute de la valeur de sa participation depuis la crise financière de 2008.

(Avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • jpdeniel le jeudi 13 mar 2014 à 18:52

    ben moi je ferai pas de commentaire non plus