Les grandes banques licencient de nouveau 

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À Londres et à New York, les établissements financiers anticipent un mauvais second semestre dans les activités d'investissement et coupent peu à peu dans leurs effectifs.

Depuis le début de l'été, les annonces de «charrettes» nourrissent les rumeurs à la City et à Wall Street. Dernier fait en date : la direction de Royal Bank of Scotland (RBS) a déclaré cette semaine aux représentants de son personnel qu'elle allait supprimer 500 postes dans ses fonctions supports. En deux ans, la banque écossaise nationalisée aura ainsi réduit ses effectifs de 27.000 emplois.

Barclays Capital et Bank of America Merrill Lynch se sépareraient pour leur part chacune d'environ 400 banquiers en financement et investissement. Credit Suisse se «contente» pour l'instant de réduire ses effectifs de 75 postes. Les trois établissements ont, dès le mois d'août, commencé à cibler les emplois concernés. La majorité des suppressions vise la City, mais cette nouvelle vague d'austérité pourrait se propager rapidement à Wall Street. Selon Fox Business Network, Morgan Stanley aurait décidé il y a déjà un mois de geler l'ensemble de ses embauches pour sa branche investissement jusqu'à la fin de l'année.

Après un coup de froid dans les mois qui ont suivi la chute de Lehman Brothers, Morgan Stanley, à l'image de l'ensemble de ses concurrents, s'était remis à embaucher (400 personnes) depuis un an. Le redressement momentané des activités de marché laissait alors espérer la reprise.

Mais l'optimisme aura peu duré. Les revenus en banque d'investissement sont partout attendus à la baisse au troisième trimestre, en raison de la faiblesse des activités de trading et marchés de capitaux. Deutsche Bank, la première banque d'investissement allemande, a annoncé lors d'un avertissement sur résultat que le bénéfice de sa division corporate banking et valeurs mobilières risquait d'être nettement moins élevé que celui de l'année précédente. Les hedge funds sont aussi touchés. Selon les sources du Financial Times, D.E. Shaw, le deuxième plus important fonds alternatif du monde, s'apprêterait à licencier 10 % de ses effectifs, soit 150 personnes.

Des bonus «vraiment, vraiment faibles»

Voie discordante dans ce concert pessimiste, le PDG de la Société générale, Frédéric Oudéa, a affirmé hier que les conditions de trading s'étaient améliorées entre le deuxième et le troisième trimestre.

La célèbre analyste financière Meredith Whitney s'est penchée mardi sur CNBC sur la question des rémunérations. La chute des revenus au second semestre dans les banques d'investissement se traduirait par des bonus «vraiment, vraiment faibles ». Pour mémoire, la moyenne des bonus à New York en 2009 s'était élevée à 123 000 dollars par tête.

Dans un rapport daté de fin août, la même analyste estimait que les suppressions d'emplois dans la sphère financière atteindraient au total 80 000 postes en dix mois. Les annonces de cet été ne seraient que les prémices de plus grands mouvements. L'essentiel des licenciements intervenant au premier trimestre 2011. Les banques s'adaptent à l'environnement difficile, mais aussi à la perspective des nouvelles règles prudentielles. La future régulation bancaire, sur laquelle planchera le G20, penche pour une mobilisation accrue de capital en face des métiers de trading. Une exigence qui rendra de facto ces activités moins rentables pour les établissements, ce qui pourrait les inciter à réduire encore la voilure.

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