Les gouverneurs de la BCE serrent les rangs face aux critiques-minutes

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    * La BCE juge nécessaire de défendre la pertinence de ses 
choix 
    * L'institution est vivement critiquée en Allemagne 
    * Elle dit ne pas réagir de manière mécanique aux prévisions 
 
 (Actualisé avec autres déclarations, contexte) 
    par Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 19 mai (Reuters) - Les gouverneurs de la Banque 
centrale européenne (BCE) sont convenus, lors de leur dernière 
réunion en avril, de la nécessité de défendre la BCE contre un 
nombre croissant de critiques, montre jeudi le compte-rendu de 
leurs débats, alors que la politique ultra-accommodante de 
l'institution est attaquée en Allemagne. 
    La politique de taux bas et de rachats massifs de titres de 
la BCE est vivement contestée en Allemagne, où elle est accusée 
de pénaliser l'épargne d'une population vieillissante et de 
peser sur les bénéfices des banques. 
    Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble est même allé 
jusqu'à lui imputer une responsabilité dans la percée électorale 
du parti Alternative für Deutschland (AfD), formation tournée à 
l'origine vers la dénonciation de l'euro et qui a depuis orienté 
son discours contre les immigrés. 
    L'Allemagne n'est pas la seule source de critiques contre la 
BCE et les investisseurs semblent douter de plus en plus de 
l'efficacité de sa politique. Les anticipations d'inflation 
mesurées par le marché restent proches de leur plus bas touchés 
après l'annonce, en janvier 2015 par la BCE, d'un vaste 
programme de rachats d'actifs, alors même que l'institut a 
amplifié cette politique depuis. 
    D'après les "minutes" de leur réunion d'avril, les 
gouverneurs de la BCE ont jugé nécessaire de lutter contre ce 
scepticisme et de réaffirmer leur confiance dans la capacité de 
leur politique à ramener l'inflation vers leur objectif de 
quasiment 2% "à moyen terme". 
    "Il y a eu un accord général sur le fait qu'il y avait une 
nécessité de parer à la perception selon laquelle la politique 
monétaire ne pouvait plus contribuer au retour de l'inflation 
(vers l'objectif de la BCE)", est-il écrit dans ces "minutes". 
    "A la lumière de récentes critiques publiques (...) dans un 
pays membre (de la zone euro), il a été jugé important de 
réaffirmer collectivement l'indépendance de la BCE dans 
l'exercice de son mandat." 
     
    PLUS OPTIMISTES SUR L'ÉCONOMIE 
    Face à ces critiques, plusieurs responsables de la BCE, dont 
son président Mario Draghi et le chef de la Bundesbank, Jens 
Weidmann, sont intervenus dans les médias allemands pour 
défendre la politique de la banque en affirmant qu'elle était 
une réaction à la faible croissance économique, et non sa cause. 
    Le compte-rendu de la réunion d'avril indique que les 
gouverneurs de la BCE paraissent plus optimistes au sujet de la 
situation économique de la zone euro tout en restant préoccupés 
par le fait que la faiblesse des cours du pétrole pourrait 
freiner la progression des salaires et des prix. 
    Ils ont aussi relevé que les marchés financiers ne 
traduisaient aucun signe d'accélération de l'inflation malgré le 
rebond des cours du pétrole. 
    "Il a été jugé préoccupant que, malgré la stabilisation des 
cours du pétrole, les anticipations d'inflation mesurées par le 
marché ne se soient pas relevées de leurs points bas", est-il 
écrit. 
    Tout en se disant prêts à prendre de nouvelles initiatives 
pour redresser l'inflation, les gouverneurs de la BCE ont 
déclaré qu'ils s'attacheraient pour le moment à déployer les 
mesures annoncées en mars. 
    Ils ont aussi souligné que la BCE ne réagissait pas 
"mécaniquement" aux modifications dans les prévisions 
d'inflation à trois ans élaborées par ses services et qu'elle 
adoptait une approche plus souple lorsqu'il s'agissait d'évaluer 
les perspectives à "moyen terme". 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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