Les gestionnaires d'actifs, nouveau point de préoccupation de la BRI

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(NEWSManagers.com) - Dans son dernier rapport annuel, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) se penche notamment sur la reconfiguration de l'intermédiation financière, dans laquelle les marchés de capitaux et les gestionnaires d'actifs gagnent sans cesse du terrain et sur les problèmes que pose cette évolution en matière de gestion des risques. " Sous l'effet du désengagement des banques depuis la crise, les risques ont migré vers d'autres segments du système financier. Ce mouvement est encore accentué par la persistance de taux d'intérêt extrêmement faibles, qui pèsent sur la santé financière des compagnies d'assurances et des fonds de pension et encouragent une quête de rendement agressive, émanant en partie du secteur de la gestion d'actifs, en pleine expansion. Ces risques doivent être étroitement surveillés et gérés" , a expliqué Claudio Borio, Chef du Département monétaire et économique de la BRI, à l'occasion d'une téléconférence de presse.

En dix ans, le volume global d'actifs sous gestion a plus que doublé, atteignant 75.000 milliards de dollars en 2013. Par ailleurs, le secteur de la gestion d'actifs est fortement concentré, puisque les 20 plus grands établissements gèrent 40 % du total de ces actifs. " Les investisseurs se livrant à une quête effrénée de rendement, la liquidité du marché peut susciter des risques auxquels il convient de prêter attention. Les épisodes de volatilité observés sur les marchés l'année passée ont mis en lumière la situation fragile de la liquidité du marché. La réglementation vise à encourager une tarification et une gestion des risques de liquidité qui soient plus appropriées" , a déclaré pour sa part Jaime Caruana, directeur général de la BRI, le 28 juin à l'occasion de l'assemblée générale ordinaire de la Banque.

Le problème est que les stocks de dette ont augmenté et que les volumes de transactions ont diminué. En prévenant le risque d'une illusion de liquidité et en confortant la résilience des intervenants de marché face aux chocs de liquidité, on atténuerait, à la source, la probabilité que de tels chocs portent atteinte à la liquidité de l'ensemble du système. Les pouvoirs publics peuvent, eux aussi, inciter à la préservation de la liquidité, par exemple, en encourageant la tenue régulière de tests de résistance au risque de liquidité et en contribuant à éliminer l'impression que l'abondance de liquidités peut être tenue pour acquise.

Cette évolution pose au moins deux problèmes pour les autorités, estime Jaime Caruana. " Le premier consiste à déterminer le degré d'exposition des gestionnaires d'actifs aux risques de liquidité et de marché. En particulier, même si le recours effectif à l'effet de levier, sous forme de financement par l'emprunt, est en réalité très modeste, certaines pratiques peuvent donner lieu à un comportement similaire. La question qui se pose alors est de savoir à quel point la dynamique qui en résulte peut créer des problèmes de liquidité systémiques" , a-t-il expliqué. Le second consiste à " cerner le champ d'action possible des politiques micro- et macroprudentielles ; la persistance de faibles taux d'intérêt, du fait de ses répercussions sur un vaste éventail de marchés et d'établissements, se traduit en effet par de multiples conséquences pour la stabilité financière" .

Le rapport annuel évoque les différentes mesures envisagées pour circonscrire les " nouveaux risques financiers" liés aux gestionnaires d'actifs, considérés comme un " groupe distinctif" méritant une attention toute particulière. A côté des différentes mesures proposées, le rapport conclut qu'un bon moyen de répondre à ces inquiétudes serait de " restaurer le dynamisme d'institutions qui ont été des intermédiaires performants dans le passé" , à savoir les banques!

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