Les gestionnaires craignent de nouvelles turbulences

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Une nouvelle période de doute et d'incertitudes vient de s'ouvrir sur les marchés.

«C'est reparti», soupire un gestionnaire. La Grèce n'a jamais été si proche de sortir de l'euro. Les CDS sur l'Espagne battent des records. Et les taux des emprunts d'État espagnols se sont à nouveau tendus. Tout ce que les marchés avaient voulu oublier avec l'effet bénéfique des opérations de prêt (LTRO) de la BCE aux banques, en décembre et en février, vient de nouveau frapper à la porte. «Une nouvelle période de doute et d'incertitudes vient de s'ouvrir sur les marchés», déplore Arnaud de Dumast, directeur de la gestion de la Banque Neuflize OBC. «Les difficultés sur la dette souveraine ont des répercussions systématiques sur les indices boursiers. Et c'est autoréalisateur. Les gestionnaires qui veulent protéger les portefeuilles de leurs clients n'ont pas d'autre choix que de réduire leur exposition aux Bourses européennes quand les turbulences s'annoncent.»

Une période d'incertitudes

Les marchés, déçus par les perspectives de l'économie américaine - sur lesquels ils fondaient peut-être trop d'espoirs -, avaient certes déjà perdu depuis la mi-mars l'élan qui les portaient depuis fin 2011. «Mais ils ont aussi été trop rapides à croire que le LTRO allait tout arranger. Aujourd'hui, ils voient que la cure d'austérité en Espagne ne tient pas la route, et que l'énergie déployée pour sauver la Grèce n'a servi à rien», note Nathalie Pelras, la directrice de la gestion chez KBL Richelieu, guère optimiste pour les prochaines semaines. «Nous rentrons dans la période préestivale. Des échéances électorales importantes, notamment les législatives, sont encore devant nous. Et on ignore comment le couple franco-allemand va fonctionner désormais», énumère-t-elle.

Les marchés ne semblent en tout cas pas prêts de relâcher la pression sur les gouvernements européens. «Même s'ils voient désormais qu'il ne faut pas aller trop loin dans l'austérité pour ne pas compromettre la croissance, les investisseurs attendent toujours des gages sur la réduction des déficits», prévient Arnaud de Dumast. Son espoir? Malgré le rebond des derniers mois, les actions restent peu chères. C'est peut-être le signe que les marchés n'avaient pas occulté le risque de nouveaux rebondissements dans la crise de la dette.

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