Les gérants en guerre contre la taxe financière

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Le plafonnement des bonus et la taxe européenne sur les transactions financières inquiètent les gestionnaires d'actifs européens.

Les gestionnaires d'actifs européens ont deux raisons au moins de s'inquiéter. La première? Selon leFinancial Times, le Parlement européen envisage de plafonner leurs bonus. Ils se verraient appliquer la même règle que celle imposée aux banquiers. La partie variable de leur rémunération ne devrait pas dépasser le montant de leur salaire fixe. «Pourtant, ce n'est pas dans la gestion d'actifs que l'on a vu les excès sur la question des bonus», relève Claude Kremer, le président de l'Efama, l'association des gérants européens. Mais il se résigne face à la «vague de régulation en Europe» et estime probable que ce projet aboutisse.

Les sicav monétaires menacées

En réalité, un autre projet de Bruxelles l'inquiète bien plus encore: la taxe européenne sur les transactions financières. Initialement destinée à lutter contre la spéculation, elle pourrait à l'arrivée «frapper non pas les spéculateurs, mais les épargnants», avance Claude Kremer. Car la Commission européenne envisage de l'appliquer non seulement aux opérations réalisées par les fonds, pour leur gestion, mais aussi aux souscripteurs eux-mêmes, lorsqu'ils revendent leurs parts de sicav et FCP. «Une double peine», dénonce Christian Dargnat, vice-président de l'Efama, qui s'inquiète notamment pour les sicav monétaires.

Cette taxe pourrait leur coûter 1 %, car leur portefeuille, investi à très court terme, «tourne» environ quatre fois dans l'année. Or, la performance de ce placement n'est que de 0,25 % en moyenne aujourd'hui. S'il fallait en déduire la taxe, les sicav monétaires feraient donc... perdre de l'argent aux clients. «Ils les déserteront. Ce serait regrettable car elles sont une source de financement pour les entreprises et les banques», avertit Christian Dargnat. L'industrie de la gestion française, qui a fait du monétaire l'une de ses spécialités, n'en sortirait pas indemne.

Les gestionnaires européens plaident donc pour que les sicav échappent à la taxe. Et pour que l'Union européenne se penche sur d'autres projets, plus porteurs pour leur métier, comme celui d'un plan d'épargne pour la retraite paneuropéen, ouvert aussi bien aux fonds qu'aux produits bancaires ou d'assurance. Il permettrait à tous les Européens de se constituer un complément de retraite sur le même compte, même s'ils travaillent successivement dans différents pays. Une proposition dans l'air du temps, puisque partout en Europe, le financement des retraites pose problème.


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  • paumont1 le mardi 19 mar 2013 à 13:48

    que les anglais dégagent de l'Europe on s'en régale d'avance!

  • lhonderm le mardi 19 mar 2013 à 11:36

    En gros, si je comprends bien, l'Europe, dirigée par Van Rompuy, communiste dans sa jeunesse (par exemple sa soeur est membre du PTB, un parti communiste belge) veulent détruire tout ce qui reste d'investisseurs en Europe. Que ce type non élu dégage !

  • gglafont le mardi 19 mar 2013 à 09:23

    Euh Non, une sortie de l'UE par l'Angleterre.

  • gglafont le mardi 19 mar 2013 à 09:22

    Je comprend que ces décisions de Bruxelles créent un certains nombres d'avantages en faveur d'une sortie de l'Angleterre par l'UE et lui permettre ainsi de préserver son rang de grande place financière mondiale ?