« Les gens me disent : Tu dois en baver »

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« Les gens me disent : Tu dois en baver »
« Les gens me disent : Tu dois en baver »

Perchée sur la colline de Sion, une immense statue de la Vierge Marie veille. A ses pieds rôde la déception. Ce petit coin de Meurthe-et-Moselle, tout en champs et clochers, Dominique Potier en connaît chaque recoin. Aux élections législatives de 2012, ce producteur de lait, tendance gauche chrétienne et pro-gouvernement, a conquis la circonscription face à la sarkozyste Nadine Morano avec plus de 55 % des voix. Un quinquennat plus tard, l'incertitude plane désormais sur son avenir.

 

À Sion

A ruralité en questions

 

A l'abri de la magistrale basilique, une poignée d'élus locaux l'attendent pour déjeuner. Entre le magret et le rumsteack, « le risque de relégation des territoires ruraux » s'invite dans la conversation. Haut débit, réseau de téléphonie, transports... « Tout cela provoque un peu de tension », rapporte un convive. Et ce sentiment d'être oublié sur laquelle le Front national sait si bien surfer.

 

À Toul

Des citoyens déçus

 

Robert ressasse son vote Hollande à la terrasse du Central, à Toul. « Je n'ai plus confiance. Ils ont tellement déçu. ENA, à l'envers, ça fait ÂNE ! » Dominique Potier ? « Il est sympa comme tout, c'est un paysan. » Pas certain, pourtant, qu'il lui donne sa voix. « Les gens me disent du mal du gouvernement, des socialistes, confirme l'élu de 52 ans. Souvent, ils me plaignent : Tu dois en baver... Ça, je ne peux pas le supporter ! »

 

Des obsèques et une réunion plus tard, Dominique Potier s'installe à la table n o 7 des assises de l'éducation populaire, sa marotte. « Est-ce que vous avez le sentiment que les jeunes se sentent citoyens ? » lui demande-t-on. « Il faut repenser la place des invisibles dans ce moment de fracture terrible », enjoint-il. André, ancien chef d'entreprise et élu local au coeur à droite, l'interpelle : « On a totalement dévalorisé l'apprentissage. Les règles sont draconiennes. Le ...

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