Les gaz de schiste font encore parler d'eux au Québec

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L'exploration et l'exploitation des gaz de schiste font l'objet d'un moratoire au Québec, lequel courra au moins jusqu'à fin 2013.
L'exploration et l'exploitation des gaz de schiste font l'objet d'un moratoire au Québec, lequel courra au moins jusqu'à fin 2013.

Publié dans la journée, le très attendu rapport rédigé par Louis Gallois, ex-PDG d'EADS, prône notamment l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère pour relancer la compétitivité. Au Québec, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a plaidé il y a quelques jours pour un dialogue constructif avec l'industrie...


Et de vouloir « faire de l'exploitation des ressources naturelles un succès collectif », pour reprendre l'expression de nos confrères du site Internet Radio-canada.ca. Mme Ouellet sait toutefois que les pouvoirs publics partent de loin, le lancement quelque peu cavalier et brutal de l'exploration des gaz de schiste dans la province ayant passablement indisposé l'opinion.


Aussi faut-il rebattre les cartes et recourir désormais à une stratégie « par petites touches », en prenant toutes les précautions scientifiques et oratoires nécessaires, sachant que si l'on en croit Lucien Bouchard, président de l'APGQ (Association pétrolière et gazière du Québec) et ci-devant Premier ministre, des études ont apporté la preuve qu'il était possible d'extraire les hydrocarbures de roche-mère sans attenter à la nappe phréatique. Il reste qu'à ce stade, la seule technique en vigueur en Amérique du Nord est la fracturation hydraulique, interdite dans nos frontières depuis l'année dernière et dont les dommages écologiques ? pollution au méthane, augmentation notable des rejets de gaz à effet de serre en amont et en aval etc. - sont régulièrement dénoncés par les associations de protection de l'environnement...



Talisman Energy jette l'éponge


« Si le Québec devait renoncer à développer son potentiel gazier, il ferait curieusement figure à part au sein de l'entourage continental », a estimé M. Bouchard, cité par Radio-canada. Des propos que la présidente du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) Laurence Parisot n'aurait pas reniés, mais qui ne reflètent pas l'avis de pléthore de ses concitoyens.


De son côté, Mme Ouellet [qui s'était préalablement rendue en Pennsylvanie (États-Unis), où les puits de forage « pullulent »] a déclaré fin septembre, quelques jours à peine après avoir été nommée ministre des Ressources naturelles, ne pas voir le jour où les gaz de schiste pourraient être exploités sans dégâts pour l'environnement et a fortiori pour les populations. Institué l'an passé, le Comité de l'évaluation environnementale stratégique (EES) sur les hydrocarbures de roche-mère doit quant à lui rendre son rapport final fin 2013 et le moratoire sur l'exploration et l'exploitation aujourd'hui en vigueur courra au moins jusqu'à sa remise.


Comme en France, le dossier n'est pas clos pour autant et les pétroliers n'ont pas rendu les armes. À l'exception du groupe Talisman Energy, confronté à une perte de sept cent trente et un millions de dollars canadiens (cinq cent soixante-douze millions d'euros) lors du troisième trimestre et qui a indiqué la semaine dernière ne plus souhaiter investir dans le secteur des gaz de schiste.


L'avenir nous dira s'il s'agit ou non d'un cas isolé.


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