Les Galeries accusent Casino de vouloir déstabiliser Monoprix

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Les Galeries accusent Casino de vouloir déstabiliser Monoprix
Les Galeries accusent Casino de vouloir déstabiliser Monoprix

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les Galeries Lafayette ont vivement rejeté lundi les accusations de Casino sur la politique tarifaire de Monoprix et estimé que la démarche du distributeur stéphanois était assimilable à une tentative de déstabilisation de Monoprix.

Après l'affrontement sur la valorisation de Monoprix, la guerre déclarée entre Casino et la chaîne de grands magasins s'est déplacée sur le terrain de l'enseigne elle même et sur sa stratégie.

Dans une lettre adressée au PDG de Casino, dont Reuters a obtenu une copie, Philippe Houzé, président du directoire des Galeries Lafayette et président de Monoprix, affirme que les accusations de Casino sont "sans fondement" et évoque une "volonté de tromper la clientèle et le personnel de Monoprix", mais aussi "les tribunaux".

Il indique en particulier que l'essentiel de la hausse des prix alimentaires - que Casino reproche à Monoprix - est intervenu entre juillet et septembre 2011, à la demande expresse de Casino, afin de les aligner sur les enseignes de proximité du groupe stéphanois (Franprix, Supermarchés Casino).

"Vous êtes vous même l'instigateur de l'augmentation de prix que vous reprochez à Monoprix (...) et vous n'avez formulé aucune observation sur l'évolution des prix de Monoprix jusqu'en avril 2012", écrit Philippe Houzé.

La semaine dernière, dans un courrier envoyé à Philippe Houzé, Casino a accusé les Galeries Lafayette d'avoir relevé les prix alimentaires de leur enseigne commune afin d'en gonfler artificiellement les ventes, les résultats et donc la valorisation.

Casino précisait que la hausse des prix expliquait "une part significative de la hausse du chiffre d'affaires de Monoprix annoncée à fin mars 2012".

INDICE DES PRIX

"Relevant une évolution de l'indice des prix des produits alimentaires de Monoprix de 107,7 à la fin du premier trimestre 2011 à 110 un an plus tard, vous formulez une accusation qui serait très grave si elle n'était totalement fausse", indique Philippe Houzé.

L'indice des prix alimentaires pratiqués par Monoprix sur les marques dites "nationales" (grandes marques) était, selon un panéliste indépendant, de 107,5 points en juillet 2011 et a été relevé jusqu'à 109,3 points en octobre, bien avant que les Galeries Lafayette ne lancent le processus d'évaluation de leurs 50% de Monoprix et que la guerre n'éclate entre les deux parties.

Cet indice était toujours de 109,3 en décembre 2011. Il a été légèrement relevé au cours du premier trimestre, pour atteindre 110 en mars 2012.

Les Galeries Lafayette relèvent également que les parts de marché de Monoprix sont restées stables, selon les données de Kantar de février 2012, et que le positionnement de prix de l'enseigne est "tout à fait positif".

"Vos manoeuvres et la publicité qui leur est donnée portent une atteinte grave à l'intérêt social de Monoprix", poursuit Philippe Houzé, pour qui Jean-Charles Naouri "cherche certainement à déstabiliser la direction de Monoprix" et espère "reproduire le schéma mis en oeuvre avec la famille Baud, anciens propriétaires de Franprix évincés par Casino.

Selon les dernières données de l'institut Opti-Mix, Monoprix reste mieux positionné que ses concurrents du groupe Casino, à la fois Franprix et Supermarché Casino, concernant les marques "nationales".

En tenant compte des marques de distributeurs, les prix de Monoprix sont encore 1% moins chers que ceux de Supermarché Casino mais sont 4% à 5% plus chers que ceux de Franprix, toujours selon les études d'Opti-Mix.

Casino et les Galeries Lafayette, propriétaires à 50-50 de Monoprix, sont engagés depuis février dans un bras de fer économico-juridique sur la valorisation des 50% des Galeries Lafayette dans l'enseigne de centre-ville.

Les deux parties se poursuivent mutuellement en justice. Les Galeries Lafayette accusent Casino d'avoir entravé le processus d'évaluation de leur filiale, Casino poursuit les grands magasins pour non respect d'un protocole d'accord selon lequel la direction de Monoprix devait revenir en mars 2012 à Casino.

Le tribunal de commerce de Paris devrait se prononcer avant l'été sur ces deux assignations.

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