Les futures mamans cèdent à la mode de la «baby shower»

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Cette tradition américaine, qui consiste pour une future mère à organiser une fête avec ses amies pour célébrer l'arrivée d'un bébé, inspire de nombreuses entreprises en France.

Un décollage lent, mais certain. Après l'enterrement de vie de jeune fille, devenu incontournable pour les futures mariées, la «baby shower» se cherche une place en France. Popularisée par les séries télévisées et les stars hollywoodiennes, cette tradition américaine, qui consiste à organiser une fête entre amies pour célébrer l'arrivée d'un bébé, séduit de plus en plus de futures mamans. Celles-ci ne sont pas seulement inspirées par les héroines de «Sex and the City» ou de «Friends». «Paradoxalement, le phénomène est aussi porté par la crise», explique Jelena Foulon, fondatrice de la société Baby S Event, qui organise des «baby showers» depuis 2010. «Qu'elle soit organisée par les amies, les collègues de travail ou la future maman elle-même, cette fête est une bouffée d'air dans la conjoncture actuelle.»

L'incontournable gâteau de couches, ou diaper cake en version originale. Crédit: Baby S Event.
L'incontournable gâteau de couches, ou diaper cake en version originale. Crédit: Baby S Event.

Aux États-Unis, comme son nom l'indique, la «baby shower» implique littéralement d'«inonder» la jeune maman d'attentions et de cadeaux: jeux régressifs, buffets de sucreries et gâteaux de couches sont obligatoires! Une recette qui diffère légèrement en France. Selon Najoua Baste Morand, la créatrice du site d'information dédié Ma Baby Shower Party, «ces fêtes sont organisées avec davantage de retenue car, dans notre culture, la superstition est très forte avant la naissance d'un enfant». C'est pourquoi la «baby shower» à la française est parfois célébrée lorsque le nourrisson a déjà quelques mois, tandis qu'outre-Atlantique, elle a lieu dans les deux derniers mois de la grossesse. Pour Carrieanne Le Bras, une Américaine qui vit en France, le calendrier de la «baby shower» ne colle pas avec une autre spécificité française: le cadeau de naissance. «La tradition qui consiste à offrir un cadeau à la naissance d'un bébé est très ancrée dans les m½urs ici, donc il est difficile de demander à sa famille et à ses amies d'offrir deux fois des présents», c'est-à-dire avant et après l'arrivée de bébé, écrit-elle sur son blog Frenchmama.com.

«Effet de masse»

Alors que le site Babyshower.fr a tenté dès 2005 d'importer ce phénomène en France, il a buté sur ces freins culturels. «Les Françaises n'étaient pas prêtes et, malgré un bon buzz à l'époque, l'activité n'a pas décollé», concède Jelena Foulon, qui a participé à l'aventure de ce site pionnier. Selon elle, toutefois, «la machine est bien relancée». Un avis que partage Pauline, gérante de site Baby Pop's Party, créé il y a un an et implanté en Aquitaine. «Aujourd'hui, la 'baby shower' n'est plus un phénomène uniquement porté par la curiosité des jeunes mamans bobos et parisiennes, nous recevons des demandes de toute la France, y compris de villages reculés», témoigne-t-elle. «Malgré les pressions sur le pouvoir d'achat, les mamans ne sont pas prêtes à sacrifier le budget pour leurs enfants.»

Le bar à sucreries. Crédit: Baby S Event.
Le bar à sucreries. Crédit: Baby S Event.

Selon les sociétés et les prestations (qui couvrent la décoration, le buffet, les petits cadeaux à personnaliser, voire l'animation des jeux), une «baby shower» coûte entre 45 et 50 euros par convive à Paris, et environ 40 euros en province.

Si ce marché reste une niche, les professionnels misent sur un prochain «effet de masse». «Aux États-Unis, cet évènement n'est en général organisé que pour le premier enfant. Mais en France, où le concept est encore jeune, l'engouement est tel que les mamans initiées au phénomène en prévoient aussi pour leur deuxième ou troisième bébé», remarque Najoua Baste Morand. Pour mieux faire connaître ce concept, elle a décliné son site en manifestation annuelle: une «baby shower» géante à Paris, dont la deuxième édition a eu lieu le 10 novembre. Un évènement qui a attiré de nombreux annonceurs partenaires, au premier rang desquels les marques de poussettes Bugaboo ou de lits parapluie Magic Bed.

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  • eddy86 le lundi 3 déc 2012 à 14:23

    waouh... quelle news.. ça change tout de lire ça...«Paradoxalement, le phénomène est aussi porté par la crise» y'a de la sélection naturelle qui ne s'est pas faite visiblement !!!

  • vlad16 le lundi 3 déc 2012 à 13:27

    le bar à sucreries, autant dire le bar à m.erdes

  • vlad16 le lundi 3 déc 2012 à 13:25

    "Le bar à sucreries" : m.erde on en veut pas, et on veut pas non plus que bébé devienne obèse plus tard

  • dotcom1 le lundi 3 déc 2012 à 11:56

    On n'a plus tellement envie de faire la fête après la naissance : nuits blanches, couches et biberons toutes les 2 heures, ca donne pas envie de faire la nouba!!

  • cresus57 le lundi 3 déc 2012 à 09:33

    une bouffée d'air ? Surtout pour le commerce !Pathétique.