Les "frondeurs" décidés à faire le show au congrès du PS

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LES "FRONDEURS" DÉCIDÉS À FAIRE LE SHOW AU CONGRÈS DU PS
LES "FRONDEURS" DÉCIDÉS À FAIRE LE SHOW AU CONGRÈS DU PS

par Emmanuel Jarry

POITIERS, Vienne (Reuters) - Minoritaires mais résolus à maintenir le gouvernement sous pression, les contestataires du Parti socialiste se sont montrés décidés à faire le show vendredi, au premier jour du congrès du PS réuni à Poitiers par une température caniculaire.

La motion soutenue par l'exécutif a obtenu le 21 mai 60% des suffrages militants contre 28,5% pour celle des "frondeurs" et Jean-Christophe Cambadélis a été élu premier secrétaire le 28 avec 70% des voix, ce qui a enlevé tout suspense à ce congrès.

Mais le chef de file des contestataires a dit à la presse que si lui et ses amis entendaient respecter ces résultats, il n'était pas question pour autant qu'ils se taisent.

"Il ne s'agit pas de rentrer dans le rang, nous ne sommes pas caporalisés", a déclaré le député Christian Paul. "Jean-Christophe Cambadélis a le parti mais nous avons l'opinion."

Il a souligné qu'il y avait aujourd'hui "deux gauches" au sein du Parti socialiste. "L'une est d'inspiration libérale, elle s'exprimera (samedi) à la tribune par la voix du Premier ministre, Manuel Valls", a-t-il expliqué. "Et puis il y a une autre gauche, la prochaine gauche, plus volontariste."

Le chef du gouvernement, qui prophétisait il y a un an tout juste la mort de la gauche si celle-ci ne se "réinventait" pas en adoptant résolument une ligne social-démocrate, était attendu dès vendredi soir à Poitiers.

Les "frondeurs" exigent toujours des modifications du projet de loi sur la croissance et l'activité du ministre de l'Economie Emmanuel Macron. "Ça va être les premiers travaux pratiques du nouveau premier secrétaire du PS", a souligné Christian Paul. "S'il ne le fait pas, tout ce que vous entendrez sur l'utilité et le rôle du PS dans ce congrès ne tiendra pas huit jours."

DIVERGENCES SUR LA PRIMAIRE

"La deuxième occasion va être le budget pour 2016", a-t-il ajouté. "Est-ce que la gauche, pendant ce quinquennat, va faire progresser la justice fiscale ?"

Dans une volonté de rassemblement, Jean-Christophe Cambadélis a associé les meneurs de la fronde à l'élaboration d'une adresse aux Français qui doit être présentée dimanche. Mais des désaccords subsistent sur son contenu.

Ce texte ne doit pas être une déclaration d'intention générale mais constituer un message au gouvernement et préciser les intentions du PS contre le chômage, pour le pouvoir d'achat et la relance des investissements, a dit Christian Paul.

Faute de quoi, "nous serions au désespoir de ne pas pouvoir en être les signataires", a-t-il ajouté.

Carlos Da Silva a pour sa part invité Christian Paul et ses amis à dépasser les "déceptions personnelles", qui ne doivent "en aucun cas alimenter des divisions collectives".

Les contestataires refusent d'écarter a priori l'idée d'une primaire pour désigner le candidat du PS à la présidentielle de 2017, alors que la direction du parti veut éviter à tout prix d'en arriver là, comme l'a rappelé son porte-parole.

"Nous allons travailler à ce que ces primaires ne soient pas nécessaires à notre candidat", a dit Carlos Da Silva. "Il n'y aura pas de primaire pour 2017 parce que nous allons réussir avec François Hollande (...) qui sera notre candidat."

Christian Paul a pour sa part estimé qu'il faudrait trancher la question au printemps ou à l'été 2016.

"Je mettrais en garde contre l'idée qu'il faut d'ores et déjà balayer les primaires de façon un peu trop rapide", a-t-il déclaré. "Peut-être la situation politique les rendra-t-elle extrêmement nécessaires."

(Edité par Grégory Blachier)

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