Les frictions s'avivent entre l'exécutif et la gauche

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REGAIN DE TENSION ENTRE L?EXÉCUTIF ET LA GAUCHE
REGAIN DE TENSION ENTRE L?EXÉCUTIF ET LA GAUCHE

PARIS (Reuters) - Le ministre du Travail, Michel Sapin, a qualifié vendredi de "blague" les offres de service de Jean-Luc Mélenchon, qui se verrait bien Premier ministre de François Hollande malgré la virulence de ses attaques contre l'exécutif socialiste.

Le co-président du Parti de gauche assure avoir "l'estomac" pour remplacer Jean-Marc Ayrault et mener "une autre politique".

"Le fait qu'il veuille être Premier Ministre, je l'ai pris comme une blague et je le considère toujours comme tel", a déclaré Michel Sapin sur RMC Info et BFM TV. "Le Front de gauche n'est pas dans la majorité gouvernementale, et heureusement que Jean-Luc Mélenchon n'est pas dans le gouvernement!"

Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé jeudi soir sur France 2, dans l'émission "Des paroles et des actes", qu'il était "candidat à Matignon". "J'ai l'estomac pour le faire", a-t-il assuré.

Face aux critiques qui enflent au sein de la majorité et à la gauche de la gauche contre la politique du gouvernement, Michel Sapin a estimé qu'il fallait "continuer" sur la voie tracée.

"Je crois profondément que Jean Marc Ayrault a le caractère, la personnalité de ce temps de l'effort, du redressement", a-t-il dit, au moment où les appels au remaniement, au "choc" politique, se font plus pressants.

"On peut apprendre de ce qui s'est passé pendant un an qu'il faut plus parler avec les parlementaires, plus parler avec les partis de la majorité", a toutefois ajouté Michel Sapin.

Une concession bien insuffisante pour l'écologiste Jean-Vincent Placé, qui juge que le gouvernement "va dans le mur", "sans klaxonner", "à petits pas".

"MÊME BARACK OBAMA..."

Selon le président du groupe Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au Sénat, l'action de François Hollande se résume en trois mots : "Imprévoyance, aveuglement et comme souvent en position de faiblesse, beaucoup d'autoritarisme".

Un autoritarisme qu'il dit à l'oeuvre notamment sur la question de l'amnistie des syndicalistes auteurs de délits dans les conflits sociaux depuis 2007.

Jean-Luc Mélenchon a affirmé jeudi soir que François Hollande lui avait promis "les yeux dans les yeux" qu'une telle loi verrait le jour.

Or le ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a déclaré mercredi que le gouvernement s'opposerait à la proposition de loi à ce sujet déposée par des sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen, incluant le Front de gauche.

"Même Barack Obama ne pourrait pas se permettre ça", a dit Jean-Vincent Placé sur France Info.

Le texte doit être examiné le 16 mai à l'Assemblée nationale.

"Je dis aux députés socialistes qu'on ne peut pas obéir aux ordres les plus idiots. Il y a un devoir de désobéissance", a dit le sénateur. "Il faut avoir de la dignité et de l'engagement et respecter ses engagements et ne pas accepter ces oukazes, ou diktats, qui viennent d'en haut de façon inconsidérée".

Pour François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche, "François Hollande emmène le pays à la catastrophe et le PS à l'abattoir électoral".

A la question de savoir quelle note il accorderait au chef de l'Etat après un an d'exercice, il a répondu sur LCI: "5/20".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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