Les Frères égyptiens décapités avec l'arrestation du Guide

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RPT-ARRESTATION DU CHEF DES FRÈRES MUSULMANS EN EGYPTE
RPT-ARRESTATION DU CHEF DES FRÈRES MUSULMANS EN EGYPTE

par Tom Perry et Shadia Nasralla

LE CAIRE (Reuters) - Les autorités égyptiennes ont arrêté mardi matin Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, quelques heures après l'abandon par le parquet des charges de corruption qui pesaient contre l'ancien président Hosni Moubarak.

On a appris de sources judiciaires que la justice examinerait mercredi une demande de mise en liberté sous caution de Hosni Moubarak, âgé de 85 ans et chassé du pouvoir par la révolution de janvier-février 2011.

Si le tribunal accepte cette requête, l'ex-"raïs" retrouvera la liberté car plus aucun motif juridique ne justifie son maintien en détention, même s'il est actuellement rejugé en appel pour sa responsabilité dans la mort de 800 manifestants pendant la "révolution du Nil".

L'abandon d'une partie des charges contre Hosni Moubarak a été annoncé peu avant l'arrestation à Nasr City, un quartier du Caire, de Mohamed Badie, un des derniers dirigeants des Frères musulmans encore en liberté depuis l'éviction le 3 juillet par l'armée du président Mohamed Morsi, également issu de la confrérie.

Inculpé d'incitation à la violence et au meurtre, Mohamed Badie était recherché par la police depuis l'assaut meurtrier donné par les forces de l'ordre contre deux campements islamistes la semaine dernière au Caire. Depuis, les violences ont fait près de 900 morts dans tout le pays, dont le propre fils du Guide suprême.

IMAGES HUMILIANTES

Ce bilan émane du ministère de la Santé, qui précise qu'une centaine de tués sont des policiers et des soldats, mais l'Alliance anti-coup d'Etat, qui regroupe des mouvements hostiles à l'éviction de Mohamed Morsi, annonce elle 1.400 tués parmi les partisans du chef d'Etat déchu et des Frères musulmans.

Le procès de Mohamed Badie, ainsi que celui de plusieurs autres dirigeants de la confrérie, est d'ores et déjà programmé pour le 25 août, ce qui laisse peu de place à la reprise du dialogue politique.

Dans une volonté manifeste d'humilier le n°1 de la confrérie, des médias locaux ont diffusé des images du Guide, âgé de 70 ans, prostré sur un canapé, les mains croisées sur ses genoux, alors qu'un homme armé d'un fusil se tient debout à son côté.

"Quand la main de l'oppression va jusqu'à arrêter ce symbole important, cela signifie que le coup d'Etat militaire est au bout de ce qu'il peut faire et qu'il est prêt à prendre fin", a réagi la confrérie, alors que Mohamed Badie a été conduit à la prison de Tora, où se trouvent déjà d'autres dirigeants des Frères ainsi qu'Hosni Moubarak.

Les autorités ont aussi imputé aux Frères musulmans la responsabilité de la mort de 25 policiers, abattus lundi dans le Sinaï par des militants islamistes près de la frontière avec Israël et la bande de Gaza. Trois jours de deuil national ont été décrétés à leur mémoire.

ACCUSATIONS DE TORTURE

Des avocats proches des Frères musulmans ont eux réclamé lundi l'ouverture d'une enquête internationale sur les circonstances de la mort de 37 sympathisants de Mohamed Morsi détenus par la police.

Selon les conclusions du médecin-légiste, ils ont péri asphyxiés par des gaz lacrymogènes utilisés par les forces de l'ordre lors d'une tentative d'évasion, dimanche, pendant un transfert de détenus à la périphérie du Caire. Les avocats des prisonniers affirment quant à eux qu'ils ont été victimes d'actes de torture.

Au plan international, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et les Etats-Unis ont appelé à l'ouverture d'une enquête indépendante.

Washington a aussi jugé que l'interdiction éventuelle des Frères musulmans, proposée par le Premier ministre intérimaire, Hazem el Beblaoui, serait une "mauvaise idée". Ban Ki-moon a appelé le pouvoir égyptien à libérer Mohamed Morsi ou à intenter des poursuites judiciaires "transparentes".

Les Etats-Unis ont, en outre, fait savoir qu'aucune décision concernant le maintien de leur aide militaire et civile annuelle de 1,55 milliard de dollars n'avait été prise à ce stade.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) se réunissent à Bruxelles mercredi pour étudier comment faire pression sur les autorités égyptiennes pour qu'elles acceptent un compromis pacifique avec les islamistes et leurs partisans.

Bernardino Leon, représentant spécial de l'UE pour le sud de la Méditerranée, a déclaré que les ministres examineraient diverses possibilités, dont un embargo sur les armes.

Avec Lin Noueihed, Alistair Lyon, Asma Alsharif, Yasmine Saleh, Crispian Balmer, Omar Fahmy au Caire, Alexander Dziadodz à Minya, Michele Nichols aux Nations unies et Arshad Mohammed à Washington; Tangi Salaün et Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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  • M9390997 le mardi 20 aout 2013 à 17:20

    l armée Égyptienne devrait venir faire le ménage en france

  • ttini le mardi 20 aout 2013 à 15:42

    C'est bien ce qu'on dit. 200 ans de retard.

  • larson45 le mardi 20 aout 2013 à 09:37

    c bizarre qd les autres refusent la démocratie à l' occidentale ceux-ci utilisent la force! et on ose dire que ce sont les musulmans les extremistes!! MDR!! à croire que les occidentaux se prennent pr des anges sauveurs de l' humanité envoyé par jupiter ou Zeus ou mem jésus paix soit sur lui!!

  • eskimmo le mardi 20 aout 2013 à 09:31

    Le mieux serait de le pendre par les couiIIes jusqu'à ce que mort s'ensuive, seulement des couiIIes les barbus n'en ont pas.

  • larson45 le mardi 20 aout 2013 à 08:40

    qd la démocratie est flingué pr 1,5 milliards de dollars de washington!!! c pas beau ça???