Les frappes russes en Syrie servent l'EI, juge la Turquie

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(Précisions, ministère) ISTANBUL, 7 octobre (Reuters) - Les frappes aériennes russes en Syrie nuisent à la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI), a affirmé mercredi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Selon lui, seules deux des 57 frappes aériennes menées par l'armée de l'air russe en Syrie ont touché des objectifs appartenant à l'EI. Tous les autres raids ont visé des positions de l'opposition syrienne "modérée", a-t-il ajouté. "En ce moment, dans le nord, de ce côté du couloir de Djarablous (ville syrienne à la frontière turque), l'opposition syrienne modérée est pratiquement la seule force face à l'Etat islamique (...) En affaiblissant l'opposition, le régime renforce l'EI", a dit le Premier ministre turc à des journalistes à Istanbul. Il a ajouté qu'il ne voulait pas que le conflit syrien devienne une crise entre la Russie et l'Otan, dont la Turquie constitue le flanc sud-est. Il a parallèlement prévenu que la Turquie, même si elle n'a aucun conflit d'intérêts avec Moscou, n'était prête à aucun compromis sur l'inviolabilité de son espace aérien et la sécurité de ses frontières. Des appareils russes ont violé deux fois l'espace aérien turc le week-end dernier. Lundi, selon Ankara, un chasseur MiG-29 de nationalité inconnue de même que des systèmes de missiles installés en Syrie sont entrés en "interférence" avec huit chasseurs F-16 de l'aviation turque qui patrouillaient le long de la frontière syrienne. ID:nL8N1262XV L'ambassadeur de Russie en Turquie a été convoqué trois fois au ministère turc des Affaires étrangères en raison de ces incidents. Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé mardi que les violations de l'espace aérien turc par des avions de chasse russes "ne ressemblaient pas à des accidents" et fait état d'un renforcement du dispositif russe en Syrie, y compris avec le déploiement de troupes au sol. ID:nL8N126207 "La crise en Syrie n'est pas une crise russo-turque et ne doit pas l'être (...) Nous ne voulons pas que cela devienne une crise entre la Russie et l'Otan", a déclaré Ahmet Davutoglu. Il a toutefois souligné que la Turquie ne tolérerait pas de nouvelles incursions de l'aviation russe au-dessus de son territoire. Le ministère turc des Affaires étrangères s'est dit prêt à rencontrer des responsables militaires russes à Ankara pour examiner les mesures à prendre afin d'éviter de tels incidents. (Asli Kandemir, Ayla Jean Yackley, Ece Toksabay et Jonny Hogg; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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  • kurki le mercredi 7 oct 2015 à 13:46

    Quant on a subi une inondation, il faut commencer par nettoyer ce qui est à sa porte avant d'aller mettre de l'ordre au fond du jardin !