Les Français veulent plus de temps sur les déchets nucléaires

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LES FRANÇAIS VEULENT PLUS DE TEMPS SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES
LES FRANÇAIS VEULENT PLUS DE TEMPS SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES

BAR-LE-DUC, Meuse (Reuters) - La Commission nationale du débat public (CNDP) recommande de réaliser davantage d'études sur un projet d'enfouissement de déchets nucléaires dans la Meuse afin de rétablir la confiance avec la population.

Le Centre industriel de stockage géologique (Cigeo) de Bure doit accueillir à partir de 2025 les déchets radioactifs les plus dangereux, qui seraient stockés dans des couches d'argile situées à 500 mètres sous terre.

Ils représentent 3% du volume des déchets produits par les réacteurs français mais concentrent 99% de la radioactivité et doivent rester confinés pendant 100.000 ans avant de ne plus être dangereux pour l'homme.

L'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), qui gère ce projet, a trois mois pour dire quelle suite elle veut donner au débat public dont la CNDP présentait les conclusions mercredi.

"Je suis convaincu que ce projet n'aboutira pas contre les citoyens", a déclaré le président de la CNDP, Christian Leyrit, lors d'une conférence de presse.

"Le débat a illustré la perte de confiance entre, d'une part la population et, d'autre part, la maîtrise d'ouvrage, les acteurs du projet, les scientifiques et les organisateurs du débat."

Selon la CNDP, il est nécessaire de repousser les délais de réalisation pour prendre le temps d'obtenir des preuves supplémentaires de la sécurité du projet, et commencer par une étape de stockage "pilote" avant toute décision définitive.

Christian Leyrit a jugé indispensable que des études complémentaires soient menées par des experts indépendants, français et étrangers, au-delà des acteurs institutionnels que sont l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l'Andra.

Le déroulement du débat public sur le projet, entre mai et octobre de l'an dernier, a été perturbé par des manifestations d'opposants qui ont empêché les réunions publiques de se tenir.

Elles ont été remplacées par des débats participatifs sur internet jusqu'en décembre et une "conférence" en janvier de 17 citoyens sélectionnés par un institut de sondage.

Cette conférence a plaidé pour davantage de réflexion, rappelant qu'il n'y avait pas d'urgence car les déchets devront refroidir au moins 60 ans avant d'être stockés en profondeur.

Des incertitudes pèsent par ailleurs sur le coût du stockage des déchets, les estimations allant de 15 à 55 milliards d'euros.

Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey

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  • M1765517 le jeudi 13 fév 2014 à 09:17

    peut on utiliser ces 60 années de chaleur ?

  • godardja le jeudi 13 fév 2014 à 00:56

    Je doute que des etudes supplementaire eclairent beaucoup le debat qui est deja pollue par les antinucleaires. Il faut d'une part faire confiance aux scientifiques qui connaissent bien leur sujet et que d'autre part le Gouvernement prenne ses responsabilites en faisant respecter le planning du projet d'enfouissement.