Les Français sont les plus avares en pourboires

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VIDÉO - Le touriste français est le moins rentable à servir car il est moins enclin à laisser un pourboire, selon une étude anglaise menée auprès de restaurateurs. Une «exception française» qui s'explique par notre modèle social.

Les Français occupent le haut du podium des pires pourboires laissés aux serveurs. C'est ce qu'estime un restaurant sur trois, dans une étude menée par la société d'assurance britannique Direct Line. Ils sont suivis par les Britanniques et les Italiens en troisième position. L'enquête a été menée cet été, dans des lieux très touristiques. Des villes comme Barcelone, Las Vegas, Paris, Sao Paulo ou encore Ibiza ont ainsi été testées.

Résultat: les Américains - pour qui la pratique est ancrée dans la culture - sont de loin les plus généreux en pourboires dans le monde. Ils sont à égalité avec les Argentins en offrant chacun 13% de pourboire en moyenne, quand la moyenne mondiale est de 11%. Le classement place ensuite les Allemands en seconde position puis les Russes.

Les pourboires français pires que les anglais

Le «tip» a beau être une institution dans son royaume, le touriste anglais se situe parmi les moins généreux. Au moment de payer l'addition, il se contenterait de régler son dû stricto sensu dans plus d'un cas sur trois. Les Britanniques laissent en moyenne des pourboires de 7% de la note. Malgré tout, ce sont bien les Français qui les détrônent avec le titre peu glorieux des plus avares sur le porte-monnaie et un pourboire moyen dépassant difficilement les 5%.

La proportion de Français qui donnaient a diminué. 16% des consommateurs ne font plus le geste de laisser un pourboire aujourd'hui contre 7% il y a deux ans.

L'explication, «c'est en premier lieu la crise, estime Pascale Hébel, spécialiste de la consommation au Crédoc. Elle est plus forte en France qu'en Allemagne ou dans les pays nordiques». Le Français a l'attitude de trouver que ce qu'il paie est déjà assez cher, explique-t-elle.

Une autre raison est liée à notre système social et plus particulièrement fiscal. «En France, on considère que ceux qui apportent des services sont payés justement pour ce qu'ils font car on a un smic, ce qui n'est pas le cas partout», analyse l'économiste. Le pourboire n'apparaît donc pas comme un besoin pour le serveur. «On est aussi habitués à acheter des produits industriels et on a culturellement du mal à payer le service en plus», ajoute-t-elle.

Enfin, il faut aussi y voir la conséquence d'une habitude de règlement. Les Français sont les champions du paiement par carte bancaire avec près d'une transaction sur deux. Alors forcément, en payant par carte bleue, il est plus compliqué de laisser quelques pièces.

Des règles qui varient selon les pays

«Les attentes en matière de pourboires varient beaucoup suivant le pays où l'on se trouve. Cela reflète les différences de cultures, d'attitudes et de règles dans le monde», commente Tom Bishop, le dirigeant de la compagnie qui a commandé l'étude. Dans certains pays, les pourboires doivent être déclarés et font partie intégrante du salaire. Ils sont donc pris en compte dans le revenu minimum légal. Un système qui pousse les clients habitués à ce modèle à laisser un pourboire conséquent.

Dans certaines destinations, en revanche, laisser un pourboire peut être très mal vu au point d'être considéré comme une insulte au Japon ou en Chine continentale. Les pourboires ne font pas non plus partie de la coutume au Danemark ni en Finlande. À l'inverse, les «tips» sont obligatoires au Canada, au Mexique, au États-Unis et au Royaume-Uni. Les pourboires sont conseillés en Italie, Espagne, Allemagne, Tunisie et au Brésil. Enfin s'ils ne sont pas attendus en France et en Belgique, ils ne sont pas pour autant moins appréciés.

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