Les Français se laissent séduire par la «viande sans viande»

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Les ventes mondiales de substituts de viande devraient bondir de 6,4% chaque année entre 2015 et 2020, pour atteindre près de 5 milliards d'euros. En France, les produits dits «végétariens» ont connu une belle croissance sur l'année écoulée.

Le diagnostic de l'OMS risque de peser sur l'appétit des Français pour la viande. Selon une évaluation publiée ce lundi, la consommation de charcuterie est cancérogène et celle de viande rouge «probablement» aussi. Un périmètre très large puisque le porc y est inclus au même titre que le boeuf, le veau, l'agneau, le mouton, le cheval et la chèvre. Des alternatives à ces produits existent et comptent bien se faire une place grandissante dans le paysage. Les «viandes sans viande» - ou substituts de viande - à base de soja, de froment et d'autres protéines connaissent un essor fulgurant à l'échelle mondiale, surtout en Amérique du nord et en Europe. Ce marché devrait grimper de 6,4% en valeur en rythme annuel entre 2015 et 2020, pour atteindre 5,17 milliards de dollars (4,68 milliards d'euros), selon une étude de l'institut Market and Markets.

«Le marché des produits végétariens et des substituts de viande progresse rapidement et il y a un besoin évident d'aider les consommateurs à identifier ces produits», souligne de son côté l'Union végétarienne européenne (EVU), qui demande à Bruxelles de réaliser des enquêtes afin de publier des «chiffres fiables» sur cette consommation. L'association est à l'origine du V-Label qui permet d'identifier ces produits dans les rayons à travers l'Europe, et notamment en France.

Les Français sont séduits par ces alternatives à la viande. Les produits frais de la catégorie «végétarienne», incluant steaks de soja, nuggets de soja et autres boulettes végétales, ont vu leurs ventes bondir de 11,9% en valeur dans la grande distribution sur l'année achevée fin septembre 2015, selon des données du cabinet IRI. Elles ont atteint 15,42 millions d'euros. En volumes, les ventes ont grimpé de 12,5%. À elles seules, les références à base de soja pèsent pour les deux tiers des ventes en valeur (10,32 millions, +4,5 % sur un an). Le prix moyen des produits végétariens a reculé de 0,5%, à 14,13 euros le kilo.

Cette tendance est portée par des mouvements comme le végétarisme (qui exclut la consommation de chair animale) ou le véganisme (un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation). «Les consommateurs arrêtent de manger de la viande pour trois raisons principales: le respect des animaux, la préservation de la planète et la préservation de leur santé», résume Éric Moreau, fondateur du collectif International Campaigns, qui compte 200 membres à travers la France et a notamment importé des États-Unis la «Journée sans viande» (la campagne MeatOut, en anglais) se déroulant chaque année autour du 20 mars depuis 2006.

Une offre qui s'étoffe dans nos supermarchés

«De nouvelles protéines développées au Canada pour remplacer la viande vont arriver en France. Dans le cadre de la COP 21, aussi, de nombreuses études ont été publiées pour montrer l'impact négatif de l'élevage sur l'environnement.» Selon le responsable associatif, les substituts de viande vont continuer à avoir «le vent en poupe». D'autant que l'offre s'étoffe aussi dans les rayons. «De nombreux produits tout prêts existent sur le marché: galettes de céréales, steaks de soja, falafels, saucisses végétales… (...) Cette gamme de produits est généralement plus variée dans les magasins biologiques, mais vous en trouverez également dans les supermarchés classiques», peut-on lire sur le site de l'Association végétarienne de France. Les steaks «végétaux» de la marque Sojasun (groupe Triballat), par exemple, sont en vente chez Carrefour, Monoprix, Leclerc ou encore Simply Market. Quorn vend aussi ses substituts de viande à base de mycoprotéine dans les supermarchés Carrefour.

Les végétariens, pourtant, ne représenteraient que 3% de la population en France, bien moins nombreux que les Allemands (9%), les Suisses (9%) ou encore les Anglais (6%), selon Terra eco. Mais 26% des Français seraient prêts à le devenir, révèle un sondage publié par le magazine spécialisé. En outre, l'évaluation de l'OMS intervient alors que, selon les dernières données de FranceAgriMer la consommation de viande des Français est déjà globalement freinée par la crise ces dernières années et régulièrement chahutée à court terme par les crises comme celle de la vache folle où de la fraude à la viande de cheval.

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  • MAXDEG le mardi 27 oct 2015 à 10:08

    Soleil vert ?