Les Français sacrifient les sorties au restaurant

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La fréquentation des établissements a chuté de 2% en 2012 par rapport à 2011, selon The NPD Group. Les professionnels craignent l'effet durable de la crise, ainsi que les conséquences des récents scandales alimentaires. » Le pouvoir d'achat plombé par les impôts fin 2012

Tandis que leur pouvoir d'achat a baissé en 2012 pour la première fois depuis 1984, les Français taillent toujours plus dans leurs dépenses. Victime de ces arbitrages budgétaires, la restauration commerciale accuse une sévère baisse de régime. La fréquentation des établissements a chuté de 2% en 2012, après un léger rebond de 0,8% l'année précédente, selon le bilan annuel de l'institut The NPD Group. Au total, les restaurants de France ont enregistré une perte de 113 millions de «visites» en un an. «Cette tendance est d'autant plus inquiétante que le marché reste en recul par rapport à 2009, une année qui était pourtant déjà touchée par la crise avec une baisse de 1,2% de la fréquentation», souligne Christine Tartanson, directrice de la division restauration de The NPD Group.

Source: The NPD Group.
Source: The NPD Group.

Autre phénomène préoccupant pour le secteur, tous les segments sont rattrapés par la crise. Le report des consommateurs de la restauration à table vers la restauration rapide, entamé au plus fort de la crise en 2009 et 2010, n'a pas résisté. Les fast-foods ont en effet subi une baisse de 2% des visites en 2012. Un recul similaire a été observé dans le circuit de la restauration à table, qui a ainsi perdu 72 millions de visites depuis 2009. «Les Français rognent sur leurs dépenses par les deux bouts: le plus cher avec les sorties conviviales au restaurant le soir et le moins cher avec les pauses snacking. Ils ne maintiennent plus que les dépenses incompressibles», résume la spécialiste.

Délaissés par la clientèle de loisir, les restaurateurs ne peuvent pas davantage miser sur celle des bureaux. Selon Didier Chenet, le président de l'organisation professionnelle de l'hôtellerie-restauration Synhorcat, «les salariés ne vont plus au restaurant sur leur pause-déjeuner et préfèrent manger sur le pouce une gamelle qu'ils ont préparée chez eux la veille». C'est pourquoi le responsable du syndicat patronal s'alarme d'une «crise globale» qui touche désormais «toute la filière». Une inquiétude partagée sur l'ensemble du territoire. «La province, qui avait résisté en 2009, est encore plus affectée que l'Île-de-France, en particulier les régions fortement touristiques du Sud-Ouest et du Sud-Est», précise Christine Tartanson.

Les scandales alimentaires plombent la confiance

Le ralentissement général de l'activité a toutefois été partiellement amorti par une augmentation de 1,7% de la dépense moyenne par visite, à 7 euros, en partie dûe à la hausse de la TVA et, donc, des prix sur les menus. Au total, les clients ont dépensé 36 milliards d'euros dans la restauration commerciale en 2012, un léger recul de 0,3%. Toujours est-il que l'horizon reste bouché pour 2013. «Nous espérons une relance avec l'arrivée des beaux jours après un premier trimestre traditionnellement ralenti, mais pour l'instant, nous n'apercevons aucun signe encourageant», confie Didier Chenet.

La crise économique n'explique pas tout. «Le désamour des Français pour les restaurants est aussi une conséquence directe des scandales alimentaires récents, qui ont entamé la confiance des consommateurs», estime Roland Héguy, président national de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). Selon lui, le secteur de la restauration a une carte à jouer aujourd'hui. «Il faut profiter de cette période difficile pour faire bouger les lignes sur les questions de qualité et de transparence.» Ce chantier vient justement de débuter sous l'impulsion de la ministre chargée du Commerce, Sylvia Pinel, qui a installé lundi un comité de filière de la restauration.

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  • paumont1 le jeudi 28 mar 2013 à 11:51

    Le cadeau fiscal de la baisse de la TVA était une hérésie je l'ai toujours pensé, mais quelque chose me dit que ce n'est pas fini. Pourquoi aller au restaurant manger des produits surgelés, en les payant très cher, alors qu'on peut faire la même chose avec un micro-onde à la maison? Les restaurateurs français contrairement aux italiens ont refusé d'afficher sur le menu les plats surgelés, qu'ils en payent le prix!

  • M4358281 le jeudi 28 mar 2013 à 11:34

    C'est un peu idiot ..c'est le seul endroit où les socialos ne pourraient pas te faire rendrela moitié .. quoique ..on ne sait jamais !

  • ostrevan le jeudi 28 mar 2013 à 11:26

    les bouteilles de vin ne sont plus consignées, il faut faire comme les touristes étrangers, en fin de restau emmenez les restes de bouteilles; vous les avez payées. Elles sont à vous !

  • lecanon le jeudi 28 mar 2013 à 11:20

    a l'heure actuelle aller au resto c'est manger de l'industriel surgele a prix fort en esperant ne pas etre intoxique.de plus si vous prenez l'option gastronomique vous ne pouvez meme plus boire une bonne bouteille a cause des 0.5gr ou alors vous buvez un verre au prix de la bouteille meme chose pour l'eau.alors ma femme et moi (retraites aises) nous restons chez nous et cuisinons nous memes et je garde mon permis

  • KAFKA016 le jeudi 28 mar 2013 à 09:43

    En 2000 c'est l'année du jackpot pour les restaurateurs!!! Même affichage.....mais en Euros!!

  • KAFKA016 le jeudi 28 mar 2013 à 09:41

    Ramenez les prix des restos en Francs : on a la réponse à cette désaffection! comme dirait coluche l'euro ça n'a rien changé : avant on payait son café 2 francs maintenant c'est 2 euros!!!

  • ASTUART le jeudi 28 mar 2013 à 09:17

    Hormis quelques restaurants on assiste à un triste spéctacle ou le seul but est de faire le plus d'argent possible sur les pigeons de consommateurs. Cela à partir de produits qui sont peu chers (oeuf..) et vendu au prix fort. Idem pour l'hygiène douteuse ? Bref, plus interessant de cuisiner chez soi. Perso je suis pour un label qui puisse reconnaitre 'le vrai travail' des certain restaurant, bref ceux qui ne font pas que du réchauffé !!

  • d.e.s.t. le jeudi 28 mar 2013 à 09:12

    Le cadeau inique de 2009, baisse de la TVA,a été mis dans la poche des gargotiers et pas des clients, alors qu'ils ne viennent pas se lamenter maintenant!Il y trop de mauvais restaurants et si vous dînez chez vous,au moins vous ne risquez pas d'avoir du cheval!

  • JUFRABRE le jeudi 28 mar 2013 à 08:37

    Le restaurant, c'est souvent cher et mauvais, car un trop grand nombre de restaurateurs, jusqu'aux gammes moyennes, utilisent des produits "semi-industriel" de fournisseurs tels que PROMOCASH ou METRO. Supprimer ou réduire les sorties au restaurant ne sont donc pas un grand sacrifice, car on fait beaucoup meiux chesz soi...

  • ghysko le jeudi 28 mar 2013 à 07:07

    Faut s'appeler le NDP group pour constater que devant toutes les incertitudes financières et la pluie d'impôts, on se serre la ceinture?