Les Français paient trop d'assurances inutiles

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Des contrats qui font doublons, des garanties gadgets?. Chaque famille paient souvent plusieurs contrats accessoires sans grand intérêt. Au final, les consommateurs paient cher pour rien.

Attentifs aux prix de leurs assurances auto ou santé, les Français dépensent en revanche sans sourciller pour des assurances «gadgets», inutiles, «ou en tous cas beaucoup trop chères pour la protection qu'elles offrent réellement» souligne Maxime Chipoy, chargé d'études à l'UFC Que choisir. L'association de consommateurs dénonce par exemple l'assurance «perte et vol des moyens de paiement», systématiquement proposée par les banques. «Elle ne sert à rien car la loi protège déjà le consommateur» rappelle Maxime Chipoy. Assurance ou pas, une banque est en effet tenu de rembourser intégralement tous les paiements frauduleux faits à distance avec la carte. Et si celle-ci est volée, et utilisée avec le code secret avant l'opposition, la banque ne peut laisser à la charge du porteur qu'une franchise de 150 euros.

Les banques ont aussi le talent de vendre de curieux contrats comme l'assurance «découvert» qui évite à la famille, si le souscripteur décède, d'avoir à renflouer son compte en banque (au cas où il serait dans le rouge), ou encore la garantie «versement» qui promet de placer sur le plan épargne logement les versements qu'il avait prévu de faire jusqu'à l'échéance du placement.. EDF et GDF Suez ont, dans le même registre, imaginé l'assurance «facture» pour ceux qui craignent de ne plus pouvoir régler leur fournisseur d'énergie en cas d'invalidité, de maladie, etc.

Assurer son portable ne sert pas à grand chose

L'assurance des portables et autres objets numériques s'est aussi attiré les foudres de l'UFC Que choisir. Motif? Les problèmes les plus souvent rencontrés par les consommateurs sont exclus des garanties. Et, l'indemnisation, quand elle a lieu, est le plus souvent décevante, car ces objets, vite obsolètes, perdent tout aussi rapidement de leur valeur. Les extensions de garantie, proposées pour l'électroménager, elles, sont tellement rentables pour ceux qui les vendent qu'elles en sont suspectes.

Au total, en moyenne, un ménage dispose de 2,4 de ces assurances «accessoires». Benoît Hamon, le ministre de la consommation, s'en est ému. Le projet de loi en cours de discussion au Parlement prévoit d'autoriser les consommateurs à les résilier à tout moment, passé la première année. Les clients auraient même le droit de les résilier pendant 14 jours après la souscription si le contrat souscrit fait doublon avec une autre assurance dont ils sont déjà équipés. «C'est par exemple l'assurance annulation voyage proposée en même temps que le billet d'avion alors qu'elle est déjà incluse dans les cartes bancaires haut de gamme, ou bien l'assurance neige commercialisée aux remontées mécaniques, elles aussi prévues dans les garanties de certaines cartes» rappelle Hamid Benamara, directeur général de LesFurets.com.

Mais dans certains cas, éviter les doublons n'est pas si facile. L'assurance habitation couvre par exemple la responsabilité civile des enfants. De son côté, la GAV (Garantie des accidents de la vie), très couramment vendue aux familles, indemnise les dommages corporels qu'ils s'infligent parfois eux mêmes. Mais seule l'assurance scolaire réunit les deux garanties. Ce qui oblige quand même les parents à la souscrire pour satisfaire aux exigences de l'école.

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  • frk987 le mardi 17 déc 2013 à 10:39

    Le vrai scandale en la matière sont les assurances scolaires présentées comme obligatoires alors que l'assurance normale responsabilité civile inclut les dégâts commis par les enfants. Encore une pompe à finance des syndicats et du PS. Pour les autres assurances elles ne sont pas présentées comme obligatoires, les gens sont id.iots, c'est leur affaire.

  • guyguy18 le lundi 16 déc 2013 à 09:39

    Pigeons,les banques vous adorent!