Les Français ont moins consommé en 2011

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INFOGRAPHIE - Le moteur de la croissance a calé en fin d'année. En décembre, les dépenses des ménages ont baissé de 0,7%. Du coup, sur un an, le recul de la consommation atteint 3,1%.

Si le premier ministre a revu à la baisse la prévision de croissance pour 2012 - qui ne devrait pas dépasser 0,5% -, c'est parce que «le ralentissement de l'activité au quatrième trimestre semble avoir été plus marqué que prévu». Les chiffres de consommation publiés ce mardi par l'Insee viennent confirmer le constat dressé par François Fillon.

Le moteur de la croissance française a calé en fin d'année. En décembre, les dépenses des ménages (hors services) ont reculé de 0,7%. Les économistes ne s'attendaient pas à un tel plongeon.

Malgré la période des fêtes, la consommation de produits alimentaires a diminué de 1% sur le dernier mois de l'année. La douceur du climat hivernal a non seulement fait plonger les dépenses en énergie (- 2,7% en ­décembre, après - 0,9% en novembre), mais aussi les ventes de vêtements (- 0,9%, après - 0,7% en novembre). Les ventes automobiles ont fait figure d'exception fin 2011, en augmentant de 1,6% en décembre, après une progression de 3,6% en novembre. Du coup, sur un an (par rapport à décembre 2010), la consommation a reculé de 3,1%, indique l'Insee.

«Réduction des tensions financières»

La hausse du chômage, le ralentissement de la hausse des salaires, le regain d'inflation et la perspective d'une hausse des impôts après la présidentielle font peser une incertitude sur le comportement des ménages cette ­année. Le gouvernement veut pourtant croire à la fin de l'attentisme des Français, perturbés aussi par les discours sur la crise de la zone euro et la restriction du crédit.

«L'action résolue des chefs d'État et de gouvernement européens, ainsi que les mesures ­exceptionnelles prises par la Banque centrale européenne ont réduit les tensions financières», expliquait François Fillon lundi en présentant les mesures pour relancer la compétitivité du pays. Dans ce contexte, «le choc de confiance qui a affecté les entreprises et les ménages devrait désormais se dissiper. Le taux d'épargne, historiquement élevé, laisse de fortes marges de soutien à la croissance par la consommation», poursuivait le premier ministre.

L'Institut national de la statistique prévoit une période encore un peu compliquée au premier semestre, n'anticipant qu'une progression «à un rythme faible» de la consommation totale (0,1% par trimestre). La hausse de la TVA prévue le 1er octobre pourrait néanmoins chambouler le scénario de consommation de 2012. Les Français pourraient être tentés d'anticiper certains de leurs achats.

Au total, aussi faible soit-elle, la consommation pourrait de nouveau être en 2012 un des rares soutiens à la croissance. La France risque en effet de ne pouvoir compter ni sur l'investissement des entreprises (l'Insee le voit reculer sur les six premiers mois de l'année), ni sur son commerce extérieur.


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  • j.laur13 le mardi 31 jan 2012 à 22:50

    Un premier pas vers la raison qui va peut être sauver l'humanité