Les Français ne veulent pas des maisons de retraite en cas de dépendance

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Pour eux-mêmes ou pour leurs proches, les Français militent en faveur du maintien à domicile, selon une enquête de la Drees.

Quelle solution les Français privilégieraient-ils en cas de dépendance d'un de leurs proches ou d'eux-mêmes? Très peu les maisons de retraite, souligne le Baromètre d'opinion de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). Huit personnes interrogées sur dix opteraient en effet pour le maintien à domicile et seules deux sur dix souhaiteraient placer un proche en établissement spécialisé.

Cette idéologie du maintien à domicile est liée à la fois au sentiment de culpabilité exprimée par les proches contraints de recourir au placement, explique l'étude, et au coût élevé de ces institution (environ 2200 euros par mois).

Ces résultats globaux cachent toutefois d'importantes disparités en fonction des niveaux de revenus: parmi les ménages les plus aisés, le placement en établissement spécialisé est plus souvent mentionné que chez les ménages les moins riches (23% contre 14%). Plus globalement, six personnes sur dix parmi les ménages les plus aisés, envisagent de déléguer la prise en charge de la dépendance d'un proche à des services extérieurs (via une institution ou via le financement d'aides à domicile).

L'Etat en première ligne

Pour les autres, c'est le maintien à domicile qui prévaut, avec un large éventail de solutions préconisées: un peu moins de 30% des Français indiquent qu'ils accueilleraient une personne dépendante chez eux, 30% «feraient en sorte de pouvoir s'en occuper à son domicile», alors que 22% se disent prêts à consacrer une partie de leur revenu pour le paiement des aides. Et lorsqu'on les interroge sur leur propre sort, en cas de dépendance, les Français militent très majoritairement pour une solution de maintien à domicile, alors que le placement en maison de retraite augmente avec le niveau de revenu.

Dans les faits toutefois, une fois la dépendance installée, le placement en institution spécialisée devient la solution la plus souvent retenue, constate l'enquête de la Drees. «Et quel que soit le niveau de vie, la probabilité d'aller en établissement est d'autant plus forte que le niveau de dépendance est élevé», ajoute-t-elle.

Le rôle de l'Etat et de la puissance publique est souvent mis en avant dans la prise en charge de la dépendance. Sept Français sur dix estiment dans le baromètre de la Drees qu'il revient aux pouvoirs publics de prendre en charge les personnes dépendantes en France, très loin devant les familles (21%). Cette prise en charge publique est plus souvent défendue par les personnes de plus de 50 ans.

Six Français sur dix sont aussi prêts à «épargner davantage pour une situation de dépendance les concernant». Mais là encore, tout dépend du niveau de vie, la proportion étant plus forte chez les plus aisés (76%).

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