Les Français inquiets pour leurs vacances d'été

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Selon deux enquêtes parues mardi, les Français ont été nombreux à partir en 2012 mais réduisent massivement leurs intentions de vacances et leur budget moyen pour l'année en cours.

Les années touristiques se suivent et ne se ressemblent pas. Selon le baromètre Opodo réalisé par le cabinet Raffour Interactif, 2012 a vu plus de Français partir en vacances que 2011. Au total, 59 % d'entre eux ont fait du tourisme (au moins une nuit hors de chez eux) contre 56 % en 2011, ce qui représente 1,6 million de vacanciers supplémentaires. «C'est un phénomène classique, souligne Frédéric Pilloud, directeur marketing d'Opodo France. Dès qu'il y a une crise, le Français réduit son budget tourisme comme cela avait été le cas en 2011 et l'année suivante, il y a un phénomène de rattrapage.»

De son côté, le cabinet Protourisme qui présentait au même moment son Panorama des vacances des Français en 2013, se montrait pessimiste pour l'année en cours. «Pour la première fois en cinq ans, moins de la moitié de la population (48 %) envisage de partir en vacances au moins quatre jours», souligne Didier Arino, directeur de Protourisme. De façon générale, le cabinet estime que 62 % des Français souhaitent partir un moment ou un autre au long de l'année (au moins une nuit) contre 67 % l'an dernier et seulement 44 % envisagent de partir cet été. «Ce ne sont que des intentions, reconnaît Didier Arino, mais sur cette base, nous partons sur une mauvaise année 2013.» Selon lui, seules une météo très favorable et une évolution du moral des ménages pourraient rattraper la situation.

Les deux études se rejoignent sur un point: la tendance est à des budgets plus serrés. «Les Français font plus que jamais attention à leurs dépenses, ils recherchent le meilleur rapport qualité-prix», estime Guy Raffour, PDG de Raffour Interactif. D'ailleurs, le baromètre Opodo relève une progression très sensible des séjours non payants (dans la famille, chez des amis ou en résidence secondaire). Ils ont concerné 30 % des Français en 2012 contre 26 % l'année précédente. De son côté, Protourisme enregistre un budget prévisionnel de vacances par foyer de 1980 euros contre 2270 en 2012.

«Ce niveau particulièrement faible sera sans doute dépassé mais ces intentions traduisent les problèmes de pouvoir d'achat et le contexte de grande anxiété», estime Didier Arino.

Les familles avec enfants touchées

Une situation qui pourrait marquer, selon lui, le retour d'un «slow tourisme» de proximité à base de calme et de farniente. Quant à ceux qui partent à l'étranger, ils se maintiennent de façon stable autour de 30 %. Les suites du printemps arabe marquent un recul durable du Maghreb dont bénéficient la péninsule Ibérique et l'Italie ainsi que des destinations plus lointaines (Grèce, République dominicaine, Asie...).

Concernant le profil des vacanciers, le baromètre Opodo rappelle que les catégories socioprofessionnelles supérieures continuent à partir massivement (à 86 % contre seulement 50 % pour les commerçants, artisans et agriculteurs). Ce sont pourtant les employés et ouvriers qui constituent la population la plus importante (44 % du marché) et qui font la tendance. Pour 2013, Protourisme estime que les vacanciers qui risquent de renoncer le plus à leurs projets de vacances seront les familles avec enfants de la classe moyenne inférieure, principalement en Ile-de-France.

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