Les Français fin 2013: sinistrose et forte droitisation (Cevipof)

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Sinistrose, pessimisme, défiance à l'égard des grandes formations politiques et de l'Europe, et forte droitisation de la société française: tel est le paysage inquiétant dégagé par un sondage OpinionWay pour le Cevipof (Sciences Po Paris) rendu public lundi.

L'état d'esprit du public est à la "morosité" (34%, +3 points sur un an), la "lassitude (31%, +2) et la "méfiance" (30%, -2), "sérénité" (15%) et "bien-être" (14%) régressant fortement (-5 et - 4 respectivement), selon cette enquête réalisée en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Du coup, 72% des sondés (+4) estiment que les jeunes ont aujourd'hui moins de chances de réussir dans la société que leurs parents.

Autre traduction: 60% affirment n'avoir confiance ni dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays, huit points de plus qu'un an plus tôt. De toute façon, pour 73% (63% fin 2011), "les notions de droite de gauche ne veulent plus rien dire".

Le désenchantement est criant à l'égard des responsables politiques. Pour 87% des personnes interrogées, ils se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis, une progression qui semble inexorable depuis quatre ans (on était à 81% fin 2009).

Seuls le maire, dont la cote ne cesse de se redresser depuis 2010, inspire majoritairement confiance (61%), loin devant le conseiller général (45%) ou régional (44%) et le député (41%).

L'institution présidentielle (31%) et le gouvernement (25%) continuent de voir la confiance en eux s'éroder.

Résultat, ils sont 15% de plus (69% au lieu de 54%) à juger que la démocratie française ne fonctionne pas bien.

Seulement 35% favorables à l'UE

En revanche, les services de l'Etat inspirent en général un haut niveau de confiance (79% pour les hôpitaux, en tête du palmarès, 67% pour l'école qui perd toutefois six points en un an).

Signe de repli sur l'Hexagone, ils ne sont plus que 35% à penser que l'appartenance de la France à l'Union européenne est "une bonne chose".

Autres symptômes de "durcissement", selon le politologue Pascal Perrineau qui a présenté l'étude, 67% pensent qu'"il y a trop d'immigrés en France", soit 18 points de plus qu'il y a quatre ans, tandis que 50% (+18 là aussi) affirment qu'"il faudrait rétablir la peine de mort".

Sondage réalisé par internet du 25 novembre au 12 décembre 2013 auprès d'un échantillon de 1.803 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.

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