Les Français délaissent les restaurants

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Leur fréquentation a baissé de 2% sur les cinq premiers mois de l'année, selon le cabinet NPD Group. La profession s'inquiète des mesures fiscales et sociales annoncées par le gouvernement.

Coup de froid sur la restauration. Après deux ans de baisse, la fréquentation des restaurants avait repris des couleurs en 2011 en affichant une légère progression de 0,7%. Un regain d'activité qui pourrait ne pas se confirmer en 2012, à en croire les derniers chiffres du cabinet d'études NPD Group publiés ce mardi. Selon cette étude, les Français délaissent à nouveau les sorties gastronomiques. La fréquentation globale des restaurants a reculé de 2% entre janvier et mai. «Les ménages, plus particulièrement les familles, ont plutôt joué la carte de la prudence en limitant leurs dépenses», commente Christine Tartanson, directrice de la division Food Service de NPD Group. Symboliquement, l'activité du dîner a particulièrement souffert, avec une baisse de 3%. «Les Français ont préféré réduire ces moments 'plaisir' sans remettre en question leur indispensable pause-déjeuner.» Autre signal préoccupant, la restauration rapide -qui avait été la bouée de sauvetage du secteur tout au long de la crise- n'est plus imperméable à l'attentisme des consommateurs. Pour la première fois, les fast-foods affichent un recul de fréquentation de 2,2% sur les cinq premiers mois de l'année.

Certes le ticket moyen par personne a progressé de 2,6%, mais le plateau moyen est resté stable à 2,8 produits. «Les Français, en général, sont restés raisonnables sur leurs consommations, se passant parfois de dessert ou de boissons», explique Christine Tartanson. La hausse des dépenses est donc principalement due à la remontée du taux de TVA réduit à 7% et au renchérissement des denrées alimentaires, qui ont été répercutés par les restaurants sur leur carte. «Elle ne permet pas aux restaurateurs d'augmenter leurs marges», observe Laurent Caraux, président-fondateur de la chaîne de restaurants tex-mex El Rancho et président du Syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC).

Mesures fiscales aux «conséquences fatales»

Outre une situation budgétaire difficile, la météo capricieuse n'incite pas les Français à sortir. «Le chiffre d'affaires réalisé en terrasse pèse 30% de l'activité globale des restaurants de centre-ville», souligne Didier Chenet, le président du Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs (Synhorcat), qui se dit «pessimiste pour la saison estivale déjà bien entamée». D'après de premiers résultats, la fréquentation des restaurants a ainsi chuté de 10% sur le seul mois de juin à Paris. «Le mois de juillet ne s'annonce guère mieux», déplore Didier Chenet, selon qui «le début de l'été est habituellement la saison de choix des touristes aisés, tandis que le mois d'août est réservé aux voyageurs en sac à dos». Reste à espérer que le soleil soit de la partie en septembre pour «rattraper ces pertes». Et ce, d'autant plus que la province ne semble pas en position de compenser les défaillances de la capitale. «La situation y est très préoccupante», selon Roland Héguy, président confédéral de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), qui estime de 20 à 30% la chute de fréquentation en province au premier semestre.

C'est pourquoi le secteur n'attend pas le verdict de la fin de l'été avant de tirer «le signal d'alarme». Les mesures fiscales et sociales annoncées récemment par le gouvernement cristallisent ses inquiétudes. En ligne de mire, la suppression de l'éxonération de charges patronales sur les heures supplémentaires, le coup de pouce au Smic, ou encore l'augmentation des cotisations de retraite. «L'effet cumulé de ces mesures va entraîner une augmentation de 2% des frais de personnel, qui représentent plus de 43% du chiffre d'affaires des entreprises sondées», a calculé le SNRTC dans une étude. «Cela correspond, au total, à une diminution d'environ 12% de leur résultat d'exploitation.» Au final, plus de 10.000 emplois pourraient être détruits, selon le syndicat patronal. Son président, Laurent Caraux, est reçu ce mardi par la ministre du Tourisme, Sylvia Pinel, qu'il compte sensibiliser aux «conséquences fatales de cette accumulation de charges nouvelles pour les acteurs de la restauration». L'enjeu est de taille car, rappelle-t-il, «ce secteur recrute surtout des jeunes, à qui il offre des perspectives d'avenir».

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  • jvander4 le mercredi 11 juil 2012 à 00:19

    j'ai toujours mon béret, ma baguette, mon saucisson, et mon litron.Allez santé!

  • titide le mardi 10 juil 2012 à 23:57

    se limiter à un verre de vin sinon ATTENTION les points;;ne pas prendre de dessert sinon attention les kilos en trop; et pendant les vacances éviter les restos qui nous prennent pour de riches pigeons.

  • titide le mardi 10 juil 2012 à 23:54

    normal dans 80% d'entres eux on ne mange que des produits industriels rechauffés;quel interet ??Autant y aller moins souvent pour quelQUE CHOSE D'ORIGINAL préparé dans le restaurant par un vrai cuisiner.

  • rleonard le mardi 10 juil 2012 à 22:54

    quand la tva a baissé de 14%, seuls quelques plats on baissé (ceux que personne ne commande) aujourd'hui, tous les plats ont augmenté à cause de la tva !! cherchez l'erreur

  • porchert le mardi 10 juil 2012 à 20:44

    Cela fait déjà trois ans qu'on leur donne deux milliards d'euros par an en échange de rien.

  • titi18 le mardi 10 juil 2012 à 16:49

    Les restaurateurs ne font plus de cuisine. Ce n'est que du surgelés et vendent au prix fort. Les vins sont de mauvaises qualités et vendus plusieurs fois le prix de revient. Pour ma part cela fait longtemps que je ne vais plus.

  • gouraudp le mardi 10 juil 2012 à 16:10

    C'est normal a force de montrer à la télévision en camera cachée des restaurants qui ne font plus de cuisine mais rechauffe simplement des plats sous vide deja pret..Et surtout sur les lieux de vacances ou les touristes sont prit pour des pigeons...

  • jlagran5 le mardi 10 juil 2012 à 16:03

    malheureusement le rapport qualité/prix est souvent désastreux et la qualité de service et la bonne humeur sont rarement au rendez vous

  • Phillrug le mardi 10 juil 2012 à 15:11

    Les restaurateurs ont un métier difficile, mais il ont bénéficié d'une baisse de TVA de 12,7 points sans créer les emplois qu'on attendaient d'eux. Ceux qui connaissent un peu le milieu ne s'en étonneront pas. Alors, surtout ne pas pleurer pour eux car ils s'en sortiront sans casse (en tous cas ceux dignes du nom de restaurateurs)

  • tmf43 le mardi 10 juil 2012 à 14:44

    Aller au restaurant pour faire un bon repas en buvant de l'eau, non merci. Sans parler des fumeurs qui ne peuvent même plus venir.