Les Français de plus en plus séduits par la viande bio

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En 2016, sept Français sur dix en consomment, selon une étude Ifop, soit une hausse de 11 points en un an. Le bio tire avantage de ses impacts positifs, sur l'environnement et la santé notamment.

Le bio s'empare de nos assiettes. Après le lait ou le pain, c'est désormais à la viande de séduire les consommateurs. Un quart des Français se dit prêt à acheter de la viande bio, selon une étude Ifop publiée ce mardi. Ils sont même sept sur 10 à en consommer en 2016 (70%) contre 59% l'année dernière. Une part en constante évolution, puisque 30% des sondés déclarent vouloir augmenter leur consommation de viande bio au cours des prochains mois.

Parmi les consommateurs, les moins de 35 ans sont les plus séduits, avec 66% de carnivores bio cette année contre 48% en 2015. Côté régions, le Sud-Est concentre le plus d'amateurs (76%). Un engouement qui est porté par une plus grande attention au bien-être animal (78%) et aux bénéfices pour la santé (75%) que garantit le bio, note l'étude. «Aujourd'hui, l'agriculture biologique est reconnue pour ses aspects positifs, comme sur l'environnement, explique Philippe Cabarat, président de la commission bio de l'Interbev, l'interprofession bétail et viande, et éleveur bio dans la Nièvre. Il y a une évolution des mentalités, et l'élevage bio correspond aux attentes sociétales».

Ils sont également 70% des sondés à penser qu'acheter de la viande bio contribue à améliorer la rémunération des producteurs. Le boucher est le lieu d'achat favori des amateurs de viande bio, avec 78% des sondés qui déclarent s'y fournir en priorité, contre 64% en libre-service dans les grandes et moyennes surfaces, et 68% au rayon boucherie d'un supermarché. Le prix, lui, fait moins peur. Six Français sur dix se disent prêt à payer plus cher, même si 41% déclarent ne pas avoir les moyens d'en consommer, un chiffre à la baisse puisqu'ils étaient 50% en 2015. Pour une majorité (58%), le prix plus élevé de la viande bio se justifie.

Le marché est porteur. En 2014, l'alimentation bio pesait 5 milliards d'euros, dont 4,83 milliards d'euros pour la consommation à domicile et 191 millions d'euros pour la restauration collective, selon les chiffres de l'Agence Bio. En 2015, le marché de l'alimentation bio devrait atteindre 5,5 milliards d'euros. En sept ans, les surfaces cultivées en bio ont plus que doublé en France. «En tant qu'éleveur, on retrouve le sens de la production agricole, note Philippe Cabarat. Aujourd'hui, plus de 5% des exploitations en France sont bios».

Le bio, une solution à la crise agricole? «Il n'y a pas de solution miracle, tempère l'éleveur. Mais le bio est dans une logique de ‘produire mieux', plus en accord avec les demandes des consommateurs». Les éleveurs peuvent également vendre leurs produits bios plus chers. Et si l'installation prend du temps, «il faut deux ans avant de produire bio, les aides permettent aux éleveurs de ne pas avoir peur de passer le cap». Parmi les autres idées pour sortir de la crise, Philippe Cabarat avance les filières de qualité: «des produits spécifiques, dans lesquels les agriculteurs deviennent acteurs de leurs productions, ajoute-t-il. Aujourd'hui, on produit alors qu'on ne sait pas si on arrivera à vendre le lendemain».

Des investisseurs anglo-saxons dénoncent les antibiotiques dans la viande

L'utilisation abusive d'antibiotiques chez les animaux d'élevage est dangereuse et doit être freinée: tel est le message qu'un groupe de 54 investisseurs institutionnels a adressé à une dizaine de grandes chaînes de restaurants américaines et britanniques, dont McDonald's et Domino's Pizza. «En tant qu'investisseurs gérant plus de 1,5 milliard de dollars d'actifs, nous vous écrivons pour vous faire part de nos inquiétudes quant à la sur-utilisation systématique d'antibiotique dans l'élevage», relève ainsi une des lettres envoyées mi-mars aux géants de la restauration rapide et rendue publique lundi. Parmi les signataires des lettres figurent les fonds britannique Aviva Investors et Coller Capital, français Natixis Asset Management, néerlandais Actiam, ou américain Boston Common Asset Management. «Environ 80% de tous les antibiotiques utilisés aux Etats-Unis et 45% au Royaume-Uni sont consommés par les animaux d'élevage et il existe un risque important que cela conduise à des bactéries résistant aux médicaments», ajoute le document. (AFP)

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