Les Français d'Abidjan gagnés par l'inquiétude

le
0
Les attaques quotidiennes de la presse et de la télévision ivoirienne inquiètent les plus blasés.

Il reçoit sur un banc de bois posé sur un bout de trottoir, comme les Ivoiriens aiment à le faire. Entre cette manie, ses traits creusés, son hâle et ses cheveux blancs, Jean-Luc Cancel n'a guère besoin d'étaler ses années d'Afrique. «J'ai derrière moi 68 ans de Côte d'Ivoire», dit-il en guise présentation. En six décennies, l'homme a tout connu du pays. Les années fastes d'avant-1995, quand il tenait un hôtel en bord de mer qui recevait 300 touristes chaque week-end. Puis l'époque sombre de la guerre civile, qui l'a poussé à fermer son établissement. «C'était devenu dangereux de vivre seul là-bas.» Depuis deux semaines, il observe les soubresauts du pays d'un ½il intéressé et méfiant. «Il faut faire attention car les choses ici évoluent très vite», dit-il.

Comme ses compatriotes d'Abidjan, Jean-Luc pense, sans trop l'avouer, à ce mois de novembre 2004 durant lequel des manifestations antifrançaises ont poussé près de 7000 ressortissants à évac

...

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant