Les Français continuent de vider leur Livret A

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En février, malgré la chute des marchés financiers, les ménages ont encore retiré 510 millions d'euros de leur placement. Un montant en baisse toutefois par rapport à janvier.

On aurait pu penser que la chute des marchés boursiers en début d'année, inciterait les Français à placer leur épargne sur des placements sûrs et liquides comme le Livret A. Or, le mini-krach qui s'est poursuivi jusqu'à mi-février a simplement freiné les retraits d'argent. En février, les ménages ont retiré 510 millions de leur Livret A (décollecte nette, c'est-à-dire les dépôts moins les retraits), selon la Caisse des dépôts (CDC), soit beaucoup moins qu'en janvier (-810 millions d'euros) et que l'an dernier à la même époque (- 970 millions d'euros).

Depuis août 2015, le Livret A rapporte 0,75% net. Un taux supérieur à ce qu'il devrait être théoriquement, le gouvernement ayant décidé de le maintenir à ce niveau alors que la formule de calcul devait mécaniquement le faire chuter à 0,50%, en raison de la faiblesse de l'inflation. Dans le contexte actuel de taux d'intérêt extrêmement bas, le rendement du Livret A reste donc théoriquement intéressant. Mais, ce n'est pas l'avis des épargnants qui, depuis l'été 2014 (à l'époque, son taux était tombé à 1%), vident pratiquement tous les mois leur bas de laine, préférant souvent laisser leurs liquidités sur leur compte courant pourtant non rémunéré.

Le mois dernier, les ménages ont aussi puisé dans leur Livret de développement durable (LDD), adossé à un compte courant et dont le taux est identique à celui du Livret A. Ils ont ainsi retiré 120 millions d'euros, soit 440 millions d'euros au cours des deux premiers mois de l'année (contre 430 millions d'euros sur la même période l'an dernier). Au total, 355,5 milliards d'euros étaient déposés fin février sur le Livret A et le LDD, dont les encours permettent notamment de financer le logement social en France.

L'assurance-vie séduit toujours

Le désamour des Français pour le Livret A et le LDD profite à ses concurrents comme le Plan d'épargne logement (PEL), qui a collecté plus de 3,4 milliards d'euros avant que son taux passe le 1er février de 2% à 1,5%. Et l'indétrônable assurance-vie. Depuis plus de deux ans, ce placement enregistre une collecte nette (dépôts supérieurs aux retraits) importante. En janvier, les épargnants ont encore déposé sur leurs contrats, 2,7 milliards d'euros. Malgré une baisse continue de son rendement, le fonds en euro séduit toujours. L'an dernier, il a rapporté 2,3% en moyenne. Un rendement que le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) juge trop élevé. «Dans le contexte actuel de développement des taux d'intérêt négatifs, une poursuite de l'évolution des modèles et des ajustements des rendements est nécessaire», estime cet organisme présidé par le ministre des Finances, Michel Sapin. Créé en 2014, le Haut conseil, qui se réunit chaque trimestre, a pour objectif de réduire les risques de crise financière. Il regroupe le ministère des Finances, la Banque de France, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l'Autorité des marchés financiers et l'Autorité des normes comptables.

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