Les Français chouchoutent leur literie mais délaissent leur salle de bain

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INFOGRAPHIE - Les ventes de mobilier domestique ont rebondi de 2,4% en 2015, une première depuis trois ans. Les Français ont privilégié les pièces à vivre comme le salon ou la cuisine, selon les chiffres de la filière meuble publiés ce jeudi.

Un petit ouf de soulagement. C'est le sentiment exprimé par les professionnels tricolores du meuble (fabricants et distributeurs) qui dévoilaient ce jeudi matin les chiffres de ventes de meubles domestiques pour 2015. Ce secteur, sinistré depuis trois ans, a en effet connu l'an dernier son premier rebond depuis quatre ans, progressant de 2,5%, à 9,34 milliards d'euros. Ce rebond vient confirmer la tendance constatée au premier semestre. Certes léger (à surfaces comparables, il est limité à 1%), il intervient après les baisses de 3% en 2012, 2,9% en 2013 et de 1,5% en 2014.

Environnement extérieur anxiogène

Soutenu par un moral des ménages un peu ragaillardi, une météo favorable au printemps et un effet de rattrapage, le secteur connait donc une légère embellie. En période de crise et face au climat anxiogène de fin 2015, les Français aiment aussi à se consacrer à leur intérieur. Mais tous les secteurs ne profitent pas également de ce regain de forme. Nos compatriores semblent ainsi toujours aussi attentifs à la qualité de leur sommeil. La literie est ainsi cette année encore le segment qui tire le plus le marché (+4,1%, à 1,24 milliard d'euros). Les vendeurs de sommiers et autres matelas continuent à bénéficier des gros efforts de communication faits ces dernières années sur la nécessité de préserver la qualité de son sommeil, avec un équipement de qualité.

Parmi les segments les plus dynamiques viennent ensuite les meubles de cuisine, puis les canapés, fauteuils et banquettes, respectivement en hausse de 3,8% et 3,6%, à 2,38 milliards et 2,33 milliards d'euros. «Après trois exercices difficiles, le meuble de cuisine retrouve son rôle de moteur du marché», explique ainsi l'Ipea, l'institut statistique qui compile les données pour le secteur. «Il y a un engouement des Français pour cette pièce et son potentiel de développement demeure important. Les spécialistes (Schmidt, Cuisinella, Ixina, Mobalpa, NDLR) font aussi de bons scores, qui montrent l'efficacité des enseignes nationales pour doper le marché et inciter le consommateur au renouvellement», poursuit l'Ipea.

À l'inverse, les Français ont boudé d'autres catégories. C'est le cas du gros mobilier (rangements, tables, chaises, bibliothèques, glaces....) qui ont stagné à 3 milliards d'euros. En cause, selon la filière: le manque de créativité des enseignes pour susciter envies et idées auprès des clients. «La profession doit encore mener tout un travail pour mettre en avant les solutions de rangement proposées par les industriels par des mises en ambiance et des conseils capables de répondre aux envies des consommateurs», poursuit l'institut. Un travail qu'ont toutefois déjà entrepris des groupes comme Ikea depuis des années, et plus récemment Conforama ou Leroy Merlin.

Bonnes perspectives 2016

Dernière tendance marquante: le manque d'intérêt des Français pour la salle de bain (-4,2% ). L'impact de cette méforme reste limitée, car la catégorie représente moins de 3% des ventes en valeur de meubles. Elle souligne malgré tout la concentration des investissements des Français sur les pièces à vivre (cuisine, salon chambre...). «On remarque le chemin qu'il reste à parcourir pour rendre le marché de la salle de bain beaucoup moins dépendant des mises en chantier de logements neufs ou de la rénovation», conclut l'Ipea.

De ce point de vue, l'année 2016 s'annonce plutôt de bon augure, souligne la filière, avec un redémarrage attendu du marché de l'immobilier, traditionnel soutien des ventes de mobilier domestique (hausse espérée de 5% des mises en chantier). Même si l'impact de la santé de l'immobilier sur le meuble prend en moyenne un an à 18 mois, les intentions d'achats des Français sont plutôt bien orientées pour 2016. Hormis sur les sièges, la cuisine intégrée et les luminaires, les Français ont ainsi l'intention d'acheter globalement plus de meubles qu'en 2015.

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