Les Français boudent les crédits à la consommation

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Les professionnels expliquent la perte de confiance des consommateurs par un environnement économique anxiogène.

Les prêts personnels et autres crédits renouvelables ne séduisent plus les Français. En janvier, la production a chuté de 7,4% par rapport à janvier 2011, selon l'ASF (Association française des sociétés financières). L'an dernier, après un bon premier trimestre (+ 9,3%), elle avait déjà entamé un net repli: - 1,8% au deuxième trimestre, - 3,7% au troisième et - 4,5% au quatrième. «Le marché français est retombé à son niveau de 2000. La production en 2011 a été de 14% inférieure au pic historique de 2007», souligne Bruno Salmon, le président de l'ASF.

Le crédit renouvelable poursuit son déclin

Pour expliquer cette désaffection, les professionnels invoquent la perte de confiance des consommateurs dans un environnement économique anxiogène, mais aussi la baisse des ventes de voitures neuves, et donc des crédits associés. Les financements automobiles ont diminué de 14,5% en janvier par rapport au même mois l'année précédente, et de 7,8% sur les trois derniers mois.

En cause aussi, la loi Lagarde qui a encadré la commercialisation des crédits renouvelables, ces «réserves» d'argent dans lesquelles l'emprunteur puise à sa guise au fur et à mesure de ses besoins.

Cette loi contraint notamment les professionnels à proposer aux clients une alternative au prêt renouvelable au-delà de 1000 euros. Ils doivent aussi prévoir dans chaque mensualité un remboursement minimal du capital. La durée des prêts s'en trouve raccourcie, et leur montant devient donc plus modeste. Le crédit renouvelable se transforme ainsi peu à peu en un crédit de trésorerie de faible montant, d'une durée courte, pour de petits achats répétitifs.

L'incidence de la loi Lagarde

«La loi Lagarde a entraîné une diminution de 12% à 15% des ouvertures de nouveaux crédits renouvelables et une baisse de 20% des nouvelles utilisations de lignes de crédit déjà ouvertes», explique Françoise Palle Guillabert, déléguée générale de l'ASF.

Au total, la production de ces prêts a chuté de 6,1% en 2011. C'est la quatrième année consécutive de baisse. Ils ne représentent d'ailleurs plus que 35% des crédits à la consommation consentis par les adhérents de l'ASF, contre 40% en 2009.

Dans une récente étude, la Fédération bancaire française (FBF) soulignait elle aussi le moindre intérêt des Français pour le crédit à la consommation. Seules 3,6% des personnes interrogées prévoyaient d'en souscrire un dans les six mois, contre 4,1% un an plus tôt.

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  • coche123 le mercredi 7 mar 2012 à 12:10

    @riton31, oui interdisons. Mais qui va alors pretter à ceux qui les utilisent ?

  • ccondem1 le mercredi 7 mar 2012 à 12:06

    Bon débarras, en effet !

  • A4DF14 le mercredi 7 mar 2012 à 11:26

    Bizarre de trouver normal des prêts à 20 % et de feindre la surprise en cas de retournement. de toute façon ils sauront rebondir sur la variable d'ajustement qu'ils affectionnent : la suppression des emplois.ET puis c'est bien de virer les personnes dont le métier était de forcer l'endettement du client...........

  • idoine37 le mercredi 7 mar 2012 à 09:33

    j'ai lu quelque part que les taux d'usure fixés par ces sociétés visaient à couvrir aussi les frais de recouvrement des créances, voire les défaillances de remboursement. Si le gouvernement interdisait des taux supérieurs à mettons 8 %, ces sociétés disparaîtraient d'elles mêmes...

  • Riton31 le mercredi 7 mar 2012 à 09:13

    Il faut interdire purement et simplement ces prêts à taux usuriers !