Les Français achètent moins de vélos

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L'an dernier, 2,89 millions de bicyclettes neuves seulement (- 9 %) ont été écoulées en France.

Les ventes de vélos seraient-elles sur la mauvaise pente? L'an dernier, 2,89 millions de bicyclettes ont été achetées (- 9 %), contre 3,2 millions un an plus tôt, selon les statistiques annuelles du Conseil national du cycle (CNC).

En valeur, le marché s'est établi à 809 millions d'euros (- 4,5 %) grâce à un prix unitaire du vélo en hausse. Du coup, le chiffre d'affaires du secteur (accessoires et équipements compris) s'est tassé à 1,28 milliard (- 4 %) par rapport à une année 2011 dont la météo avait été plus clémente pendant la période cruciale des achats, de mars à juillet.

Électrique seul en hausse

Ce paradoxe entre la passion croissante des Français pour le vélo décrite par les experts et la chute du neuf pourrait aussi s'expliquer par la vitalité du marché de l'occasion. «Avec un parc français de 40 millions de vélos, l'occasion pèse un peu sur le neuf, mais c'est difficile à évaluer, souligne Denis Briscadieu, président et fondateur du réseau de magasins Culture Vélo. «L'occasion est soutenue en ville par la crainte des vols, explique-t-il. Par ailleurs, en deux ans, le prix d'un vélo peut baisser de 30 à 50 %. L'effet d'Internet aussi est réel mais si difficile à chiffrer.»

Presque tous les types de vélos sont touchés par la baisse. «Les chiffres ne corroborent pas l'impression visuelle, explique Thierry Fournier, président du CNC. Seule la catégorie des vélos à assistance électrique est en progrès.» En effet, ces vélos sont en hausse de plus 12 % avec 46.000 exemplaires vendus. Un marché qui devrait atteindre 50.000 vélos cette année.

L'engouement pour ces bicyclettes sans effort semble se conjuguer avec les vélos pliables. Si la mode des petites bicyclettes repliables est venue d'Angleterre, des sociétés françaises telles que Mobiky de Saint-Lô s'y intéressent. Cette dernière a développé un procédé particulier (cadre rétractable) qui permet de déplacer l'engin avec la batterie, même quand il est replié. Pour garantir sa production, cette PME a rapatrié l'assemblage d'abord assuré en Chine. «Nous avons toujours eu des difficultés là-bas pour assembler ce vélo complexe, explique Pascal Baisnée, président de Mobiky. En France, à Saint-Lô, on a produit 2000 vélos en 2012.» Les spécialistes des déplacements urbains voient aussi dans le vélo pliable une solution d'avenir. «C'est un atout pour l'intermodalité, souligne Véronique Michaud du Club des villes et territoires cyclables, on peut le glisser dans un wagon, le monter dans son bureau ou chez soi pour éviter le vol.»

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