Les Français achètent moins de fleurs pour les cimetières

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Les ventes de fleurs et végétaux d'ornement destinés aux cimetières sont rattrapées par la crise. La période de la Toussaint, qui pèse pour un tiers de ce marché de 857,5 millions d'euros, n'échappe pas à la morosité.

Les Français fleurissent de moins en moins les tombes de leurs proches. Alors que les commerces préparent leurs rayons de chrysanthèmes et autres plantes fleuries en vue du weekend de la Toussaint, le marché des fleurs de cimetière n'est pas à la fête. Les ventes de végétaux d'ornement pour les cimetières et cérémonies funéraires, qui représentent 11% du marché total, ont chuté de 9,3% en 2012, par rapport à 2011, selon les données de FranceAgrimer. Les Français ont acheté l'an dernier 64,7 millions de plantes, fleurs ou compositions pour honorer leurs morts. Ils ont dépensé quelque 857,5 millions d'euros, soit 1,1% de moins que l'année précédente. Les ventes ont poursuivi leur baisse sur les sept premiers mois de 2013, avec un recul de 6,5% en volume et de 3,8% en valeur.

«Avec la crise et la baisse de leur pouvoir d'achat, les ménages rognent sur ce type de dépenses», avance Dominique Boutillon, membre du conseil d'administration de l'interprofession horticole Val'hor et présidente de la Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FNPHP). Un tour de vis budgétaire auquel n'échappe pas la Toussaint, une période clé pour le secteur. L'an dernier, les Français ont dépensé 289,4 millions d'euros pour honorer leurs morts à cette occasion, ce qui représente plus d'un tiers des achats de fleurs de cimetière en 2012. Malgré une hausse de 1,9% des recettes sur les mois d'octobre et novembre 2012, les volumes de vente ont enregistré un recul de 5%.

La crise n'explique pas tout. Dans une note de conjoncture, FranceAgrimer explique que le nombre croissant de crémations entraîne une baisse de fréquentation des cimetières depuis plusieurs années. Alors que les crémations représentaient 31% des obsèques en 2011, elles pourraient atteindre près de 50% en 2030, selon les estimations du Credoc. «Or, s'il y a moins de tombes ou seulement de petits espaces dans des jardins du souvenir, la place pour fleurir les sépultures se réduit d'autant», souligne Dominique Boutillon. Selon Joseph Hocine, responsable d'Animation à la Chambre syndicale des fleuristes d'Ile-de-France, «les changements de modes de vie, en particulier l'évolution des cellules familiales ou les migrations des populations qui s'éloignent davantage de leurs régions d'origine, expliquent aussi cette baisse de consommation de fleurs de cimetière».

Marchés porteurs

Pour autant, la tradition de fleurir la tombe de ses proches n'a pas disparu. «Notre clientèle se renouvelle, avec une jeune génération qui continue à acheter des chrysanthèmes», assure la représentante de Val'hor, qui constate une nouvelle demande pour des compositions d'extérieur à destination des cimetières à d'autres occasions que la Toussaint, comme la fête des mères, des pères ou des grands-parents.

Les professionnels se veulent optimistes. Pour Philippe Lefrancq, président fondateur du réseau de fleuristes Florajet, l'évolution du comportement des Français offre même l'opportunité au secteur de développer des marchés porteurs autour de l'entretien des tombes.

«Quand on ne peut plus se déplacer, on peut faire appel au service de fleurissement de cimetières que proposent les fleuristes», explique-t-il par exemple. Loin d'être effrayé par l'essor de la crémation, Philippe Lefrancq estime que «là encore, les fleuristes jouent un rôle car bien souvent, des fleurs sont déposées sur le cercueil avant de procéder à la mise au feu». Enfin, le dirigeant de Florajet incite les commerces à développer leurs services sur Internet. «De plus en plus de proches utilisent le web pour commander des fleurs pour orner les tombes.» Chez Florajet, 7% des commandes en ligne concernent le deuil.

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  • frgillon le lundi 4 nov 2013 à 12:02

    Il y a des gens qui ne vont pas au cimetière début novembre mais qui préfèrent y aller à un autre moment et fleurir la tombe avec d'autres plantes que des chrysanthèmes. Si vous allez dans les cimetières en cours d'année vous serez surpris de voir le nombre de tombes fleuries.

  • lsleleu le samedi 2 nov 2013 à 09:13

    @ gevrais3 oui c’est pas normal … les hypers ouvrent, l’EDF produit du courant, même la télé continue de nous débiter ses c.onneries les jours de fêtes ; du répit pour personne.

  • lsleleu le samedi 2 nov 2013 à 09:09

    Non, les Francais achètent moins d'un peu tout pas seulement de fleurs.

  • gevrais3 le vendredi 1 nov 2013 à 13:25

    Ce jour de toussaint devient une journée comme les autres. Les hypers ouvrent.. Le fric d'abord ...

  • ttini le vendredi 1 nov 2013 à 12:54

    autre sondage vital : les français mettent moins de poivre sur leurs steaks

  • calippe3 le vendredi 1 nov 2013 à 12:15

    PAS besoin de fleurs pour penser aux personnes qui nous ont été chères, ce n'est que du commerce.....et en ces temps difficiles pour certains une dépense pas utile c'est ce que je souhaite pour quand je ne serai plus là ni plaques ni fleurs