Les frais bancaires vont nettement augmenter en 2016

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VIDÉO - Après deux ans de baisse, les tarifs des banques pour 2016 vont revenir à leur niveau de 2013, soit 190,50 euros de frais par an en moyenne. Une nouvelle contrainte qui pourrait ternir encore l'attractivité des acteurs traditionnels.

Les annonces des banques ne laissaient pas présager une amélioration. On en a maintenant la certitude. Après deux années de baisse consécutives, les frais bancaires imposés aux Français par leurs banques vont augmenter en 2016. C'est la principale conclusion de l'étude du site comparatif Panorabanques.com, basée sur 158 établissements et publiée dans le quotidien Le Parisien .

Clients captifs

La hausse attendue des frais bancaires pour 2016 (+2,3%) va même ramener les consommateurs au niveau de 2013, soit 190,50 euros de frais par an, en moyenne. La hausse reste cependant inégale entre les établissements qui alimentent franchement la hausse de ces tarifs et ceux qui optent pour le statu quo. Sur l'échantillon de Panorabanques.com, 102 banques font grimper la note, 16 gardent le même prix et… 40 choisissent de baisser les frais bancaires exigés.

Une diversité qui s'explique par une réalité double: la grande majorité des banques accroissent leurs frais de tenue de compte, mais une minorité, en contrepartie, font un effort tarifaire sur d'autres services proposés à leurs clients, Internet et les cartes à débit différé notamment. Les agios, eux, restent globalement stables, la plupart des banques réclamant déjà le maximum autorisé par la loi. Reste que l'effort demandé au client repose sur des produits quasiment «obligatoires» (le compte courant), là où les baisses se retrouvent sur des services qui ne concernent pas encore tous les utilisateurs. Les abonnements Internet sont encore boudés par 20% des clients. Quant aux cartes à débit différé (baisse des coûts de -0,5%), elles sont bien moins répandues que les cartes à débit immédiat (qui elles augmentent même de 3%). Et mieux vaut ne pas interpréter la baisse du coût des cartes à débit différé comme un signe de générosité de votre banque: les commissions interbancaires sont plus élevées avec ce mode paiement.

Les banques en ligne à l'affût

Cependant, la hausse de ces frais ne représente pas forcément une si bonne affaire pour les banques. Certes, elles se garantissent une rentrée d'argent. Mais elles le font surtout pour s'adapter à des contraintes extérieures: «Les banques sont sous pression à cause des contraintes des régulateurs qui leur imposent une limitation de leurs frais et une consolidation de leurs fonds propres. Et, avec des taux bas et des clients qui renégocient leur crédit, elles gagnent moins d'argent sur les prêts bancaires», explique Guillaume Clavel, le président de Panorabanques.com.

Une obligation de trouver d'autres sources de revenus donc, qui risque un peu plus d'augmenter l'agacement des clients qui paieront plus cher un service équivalent. Un contexte qui risque de dérouler le tapis rouge aux banques en ligne qui ne facturent, elles, quasiment aucun frais. Si elles ne pèsent encore que 5% de la clientèle bancaire, elles représentent trois quarts des nouvelles ouvertures de compte. «Les banques en ligne se frottent les mains et ne vont pas hésiter à faire de la publicité pour rebondir sur la hausse des frais bancaires. Et avec le temps, la clientèle bancaire sera plus mobile et plus autonome avec l'informatique et aura de moins en moins besoin d'un conseiller personnel dédié», prédit Guillaume Clavel.

Une clientèle qui ne verra pas d'un mauvais œil la possibilité d'économiser 190 euros par an, soit pratiquement 1% d'un revenu médian français. Reste «seulement» à remplir les critères de ces banques, plus sélectives: disposer d'une épargne importante (en général 5000 euros à l'ouverture) ou de revenus réguliers pour assurer entre 1250 et 1500 de versements mensuels.  

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