Les forfaits des mobiles pourront durer 24 mois

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L'Assemblée a renoncé à réduire la durée des forfaits de téléphonie mobile. L'UFC-Que Choisir dénonce les engagements sur 24 mois qui verrouillent le marché, à quelques mois de l'arrivée de nouveaux opérateurs.

Parmi les 600 amendements au projet de loi sur la consommation actuellement en débat à l'Assemblée nationale, les députés ont finalement renoncé à limiter à 12 mois la durée des forfaits de téléphonie mobile. L'engagement maximal des consommateurs reste donc à 24 mois. «Je ne souhaite pas qu'on interdise les forfaits longs. C'est le droit du consommateur de ne pas avoir envie de modifier chaque année l'ensemble de ses contrats», fait valoir Jean Gaubert, député PS opposé à l'amendement.

Quant à l'arrivée prochaine sur le marché de Free Mobile, quatrième opérateur qui promet de casser les prix, le député met en avant l'importance de «tenir ses engagements» : «Je ne suis pas le VRP de Free ni d'Orange, se défend-il. Mais c'est une question de principe. Je suis pour la liberté du consommateur mais quand il fait un choix en toute liberté, il doit l'assumer. Quand son engagement sera terminé, il pourra, pourquoi pas, regarder les autres offres.»

«Ce amendement n'a pas été compris»

«Même si votre engagement est terminé, vous pouvez rester chez votre opérateur», rétorque Édouard Barreiro, directeur adjoint du service études à l'UFC-Que Choisir. «Cet amendement n'a pas été compris. Nous ne voulons pas forcer les consommateurs à changer d'opérateur, mais qu'ils en aient la possibilité». L'engagement des clients sur 24 mois «verouille le marché», regrette-t-il: pendant deux ans, les clients ne s'intéressent pas à d'autres offres, même si elles sont plus avantageuses. Ils se réengagent même lorsqu'ils veulent renouveller leur téléphone vieillissant. «C'est un cercle vicieux qui empêche de choisir», dénonce Édouard Barreiro.

«Notre position consiste clairement à sanctionner toutes les pratiques ayant pour objet de garder captifs les abonnés, avait également argumenté devant l'Assemblée Jean Dionis du Séjour, député Nouveau Centre, qui a déposé l'amendement. Le jeu de la concurrence, qui doit fonctionner avec l'arrivée du quatrième opérateur et enfin le décollage des opérateurs de réseau mobile virtuel, permettra aux Français de gagner en pouvoir d'achat».

Free Mobile devrait, en effet, lancer ses premières offres début 2012, alors qu'en parallèle se développent les MVNO, ces opérateurs sans réseau propre, comme La Poste Mobile, Virgin Mobile, NRJ Mobile ou encore Carrefour Mobile. Dans ce contexte, l'UFC-Que Choisir affirme avoir constaté une augmentation du nombre de «réengagements de manière détournés». L'association de consommateurs a recueilli 270 témoignages de clients réengagés sans leur consentement, par exemple en acceptant une offre commerciale sans savoir qu'elle signifiait un réengagement de deux ans. «Jusqu'à janvier, les opérateurs vont chercher à garder leurs consommateurs, explique Édouard Barreiro. On a le sentiment qu'ils ont peur de la concurrence.»

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