Les forêts boréales de Russie sont en danger

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Greenpeace tire la sonnette d'alarme. La taïga perdrait 2,5 millions d'hectares de forêt par an. En Russie particulièrement, ces forêts primaires ne bénéficient quasiment d'aucune protection et leur extinction menace l'environnement ainsi que les populations locales. Des exploitants sont pointés du doigt par l'ONG.

Les forêts boréales de Russie sont en danger
Les forêts boréales de Russie sont en danger

Un des plus grands sites naturels au monde

D'une surface de 16 millions de km², la taïga du Grand Nord, plus vaste étendue boisée continue de la planète, représente plus de la moitié des forêts primaires du globe. Présente sur trois continents, cette forêt boréale s'étend de l'Alaska jusqu'au nord d'Hokkaido, au Japon. Elle abrite une biodiversité gigantesque en matière de faune et de flore. Des forêts vitales constituées de bouleaux, d'épicéas, de mélèzes et de saules, capables de stocker des grandes quantités de carbone, disparaissent. Ces forêts ont par ailleurs la particularité de bien résister aux changements climatiques. La faune, composée d'élans, de caribous, de lynx, de loups, d'ours bruns ou encore des derniers rennes sauvages est gravement menacée, tout comme les populations autochtones qui sont copieusement ignorées, se désole Greenpeace. Le cas de la Russie, et notamment de la forêt de Dvinsky, inquiète particulièrement. Le pays, qui abrite à lui seul 60% des forêts boréales du monde, est le plus touché par la déforestation.

Un désastre écologique

Si rien n'est fait, Greenpeace prédit la disparition pure et simple de la forêt boréale de Dvinsky d'ici 10 ans. 300 000 ha de conifères de cette forêt ont d'ores et déjà été rasés depuis 2000. Plusieurs accords avaient pourtant été pris entre les ONG et les compagnies d'exploitation forestière mais aujourd'hui la forêt de Dvinsky n'est toujours pas protégée. Pour la Russie entière, en 13 ans, ce sont 7,2% de forêts intactes non fragmentées (IFL) qui ont été rasées, soit 1,4 millions d'hectares par an. Cela représente plus de la moitié des 2,5 millions d'hectares disparus chaque année dans la Taïga. Le Canada a perdu dans le même temps 964 000 ha (soit 4,5%) et l'Alaska 191 000 ha (5,9%).
Et la situation ne semble pas en passe de s'arranger. En effet, une société, Pomor Timber, déjà présente dans la région, prévoit même de construire une scierie supplémentaire dans ce district d'Arkhangelsk qui abrite la forêt de Dvinsky. Cette nouvelle scierie pourrait alors « engloutir » 1,3 millions de mètres cubes de grumes de conifères par an.

Des exploitants visés

L'exploitant russe Pomor Timber n'est pas le seul à être pointé du doigt par l'ONG américaine.
Ainsi Arkhangelsk Pulp & Paper Mill et le groupe Titan, qui consomment déjà 4,5 millions de mètres cubes par an, souhaitent encore augmenter l'approvisionnement en bois de leur usine de pâte à papier. Greenpeace livre également dans son rapport les noms de certains clients influents qui commercialisent en Europe de l'Ouest du bois pour la construction de bâtiments, de terrasses, de saunas, de panneaux vendus dans des chaînes de bricolage (françaises aussi) ou encore pour la fabrication d'emballages. L'ONG les prie instamment de « se séparer de leurs fournisseurs impliqués dans la destruction de forêts boréales du Grand Nord » ou d'insister auprès d'eux pour qu'ils cessent leurs coupes claires, « respectent les droits des peuples autochtones et publient les cartes de leurs activités d'exploitation forestière ».

Trucs et astuces

Seules 2,8% des forêts du Grand Nord sont officiellement protégées, contre 27% des forêts tropicales et 11% des forêts tempérées.
La Russie s'était pourtant engagée à atteindre les objectifs de la convention d'Aichi prévoyant notamment que « d'ici à 2020, le rythme d'appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts, [soit] réduit de moitié au moins ».
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