Les forestiers aquitains se disent trahis par Paris

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LES FORESTIERS AQUITAINS S'ESTIMENT TRAHIS
LES FORESTIERS AQUITAINS S'ESTIMENT TRAHIS

CESTAS-PIERROTON, Gironde (Reuters) - Plus de trois ans après la tempête Klaus qui avait détruit un quart de la forêt de pins d'Aquitaine, la filière bois s'estime "trahie" par les dernières décisions gouvernementales et menace d'arrêter la reforestation si les promesses ne sont pas tenues.

Les professionnels réunis jeudi à Cestas-Pierroton, près de Bordeaux, ont décidé de suspendre le Comité tempête qui organise la reconstruction de la forêt pour protester contre le projet de loi de finances en cours de discussion.

Ce dernier est selon eux en totale contradiction avec les déclarations faites en septembre par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui leur avait, disent-ils, promis une augmentation de 60 millions d'euros sur cinq ans du plan chablis créé pour le reboisement de la forêt, le portant ainsi de 415 millions d'euros à 475 millions d'euros.

"C'est scandaleux, on a été bernés. C'est l'avenir de tout le massif forestier qui risque de basculer", a indiqué le président du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest Bruno Lafon, qui a demandé un rendez-vous en urgence du ministre.

Un porte-parole du ministère de l'Agriculture et de la Forêt a affirmé que les promesses seraient intégralement tenues.

"Le ministre a dit qu'il mettait 60 millions d'euros sur la table et il les mettra", a-t-il dit.

Les crédits devaient abonder les enveloppes et assurer les crédits d'engagement pour les trois prochaines années.

Sur les 415 millions d'euros du plan prévu sur la période 2009-2016, 280 millions ont d'ores et déjà été engagés.

Mais si les professionnels ont engagé 83 millions d'euros de travaux sur l'année 2012, ils affirment n'avoir reçu que 53 millions.

Pour 2013, ils se voient selon eux proposer une enveloppe de 44 millions dans la loi de finances alors qu'ils exigent 65 millions d'euros en moyenne sur les trois prochaines années, sinon "le reboisement s'arrêtera".

C'est toute une filière, du producteur aux industries du bois qui sont selon les membres du Comité tempête en danger.

"Sur le plan économique, c'est incompréhensible. Une coupe dans ces aides qui portent sur des investissements, c'est moins d'emplois, moins de TVA et à moyen terme c'est rendre difficile l'approvisionnement des industries", dit Robert Davezac, président de la Fédération des industries du bois d'Aquitaine.

La forêt d'Aquitaine s'étend sur quatre départements et représente une surface de 1,7 millions d'hectares. La forêt de pins dite forêt des Landes de Gascogne couvre une partie des départements des Landes et de la Gironde et une surface plus modeste dans le sud-ouest du Lot-et-Garonne, pour une surface globale d'1 million d'hectares.

Depuis le début du plan chablis 180.000 hectares ont été nettoyés ou sont en cours de l'être sur les 280.000 détruits en 2009, et 81.000 hectares ont été replantés ou en cours.

La filière bois d'Aquitaine représentait avant la tempête un chiffre d'affaire de 2,59 milliards d'euros, 34.000 salariés et autant de propriétaires sylviculteurs de plus de 4 hectares, selon le Syndicat des sylviculteurs du sud-ouest.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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