Les Forconi, les bonnets rouges italiens

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Affrontements entre la police et les manifestants anti-taxes, le 9 décembre, à Turin.
Affrontements entre la police et les manifestants anti-taxes, le 9 décembre, à Turin.

De Palerme à Turin, de Rome à Gènes, de Savone à Milan, un vent de protestation sans précédent balaie l'Italie. Interruption du métro dans la capitale, fermeture des magasins dans les centres-villes, occupation des gares et des marchés, regroupements devant les palais institutionnels, opérations escargot aux frontières : depuis dimanche dernier, les manifestations contre "la caste politique" se multiplient dans la péninsule. Un mouvement spontané et anarchique qui échappe à toute logique, car les protestataires - qui se sont baptisés "les Forconi" ("ceux qui brandissent des fourches" en italien) - proviennent de tous les horizons politiques.

Les premiers furent les agriculteurs et les camionneurs, animés de revendications catégorielles, notamment sur le prix du gasoil, rapidement rejoints par les groupuscules d'extrême droite Casa Pound et Forza Nuova. En Sicile, la police soupçonne la mafia d'avoir noyauté la révolte. Mais la mobilisation s'est désormais étendue aux victimes de la crise - selon les statistiques, un cinquième des familles italiennes a un niveau de vie extrêmement bas - : petits entrepreneurs, commerçants, fonctionnaires, chômeurs, travailleurs précaires et retraités. À Turin, où ont eu lieu les actions les plus violentes, des altermondialistes, des militants d'extrême gauche qui occupent des squats, et des hooligans de la Juventus ont rejoint la jacquerie des Forconi. Là-bas, même les policiers qui faisaient face aux...

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