Les forces turques poursuivent leur progression en Syrie

le , mis à jour à 14:56
1
 (actualisé avec nouvelles déclarations américaines) 
    par Lisa Barrington et Umit Bektas 
    BEYROUTH/KARKAMIS, 29 août (Reuters) - Les forces soutenues 
par la Turquie s'enfonçaient lundi dans le territoire syrien, 
s'attirant les critiques des Etats-Unis qui se sont dits 
préoccupés par l'objectif poursuivi par Ankara. 
    Au commencement de cette opération qui dure depuis près 
d'une semaine, les chars, l'artillerie et l'aviation turcs ont 
appuyé des rebelles syriens pour leur permettre de reprendre la 
ville de Djarablous, mais les forces turques opèrent désormais 
dans des territoires contrôlés par les Forces démocratiques 
syriennes (FDS), une alliance formée par les miliciens kurdes 
des YPG et des combattants rebelles arabes avec le soutien des 
Etats-Unis. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 41 
civils ont été tués dimanche dans les raids aériens turcs 
accompagnant l'offensive terrestre. Ankara a démenti ces 
chiffres, assurant n'avoir tué que 25 combattants kurdes. 
    Des renforts ont été déployés dans Manbij, à une quarantaine 
de kilomètres de Djarablous a confirmé lundi un porte-parole des 
autorités autonomes kurdes de Syrie, mais il ne s'agit pas de 
combattants kurdes des Unités de protection populaire (YPG). 
     
    RENFORTS A MANBIJ 
    "Il y a des renforts, mais pas des YPG. Parce que les YPG 
sont à l'est de l'Euphrate", a dit à Reuters le directeur du 
centre de presse du Rojava, Ibrahim Ibrahim. 
    Redur Xelil, porte-parole en chef des YPG, a été aussi 
catégorique: "Il n'y a absolument aucun renfort militaire des 
YPG en cours de transfert vers Manbij", a-t-il dit à Reuters. 
"Les affirmations de la Turquie qui dit combattre les YPG à 
l'ouest de l'Euphrate n'ont pas la moindre once de vérité et ne 
sont qu'un prétexte fragile pour étendre son occupation en 
territoire syrien", a-t-il ajouté. 
    Manbij, sur la rive occidentale de l'Euphrate, a été reprise 
le 12 août dernier aux djihadistes de l'Etat islamique (EI) par 
les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance formée 
par les miliciens kurdes des YPG et des combattants rebelles 
arabes avec le soutien des Etats-Unis. 
    Elle est désormais dans le viseur de forces rebelles 
pro-turques, a déclaré dimanche à Reuters le colonel Ahmed 
Osman, chef du groupe rebelle Sultan Mourad. 
    A Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut 
Cavusoglu, a accusé les miliciens kurdes de se livrer à des 
opérations de nettoyage ethnique dans le nord de la Syrie. Il 
les a appelés à se replier immédiatement à l'est de l'Euphrate, 
réfutant de fait les affirmations des autorités autonomes kurdes 
de Syrie. 
    Lancée mercredi par Ankara, l'opération "Bouclier de 
l'Euphrate" poursuit deux objectifs: chasser le groupe Etat 
islamique des régions frontalières et empêcher les miliciens 
kurdes syriens de remporter de nouvelles victoires et de 
progresser à l'ouest de l'Euphrate. 
     
    LES ETATS-UNIS PREOCCUPÉS 
    Cette incursion militaire turque en appui à des forces 
rebelles hostiles aux FDS soutenues elles par les Etats-Unis a 
fait franchir un degré supplémentaire de complexité à la guerre 
civile syrienne. 
    Pour les Etats-Unis, les affrontements entre les forces 
turques et certaines composantes de la rébellion syrienne "dans 
des secteurs où l'EI n'est pas présent" sont "inacceptables et 
source d'une profonde inquiétude", a dit Brett McGurk, envoyé 
spécial des Etats-Unis auprès de la coalition mise en place 
contre l'EI, sur son compte Twitter. 
    "Nous appelons tous les acteurs armés à se retirer", a-t-il 
ajouté, insistant sur la nécessité d'unir les forces contre 
l'EI. 
    Le département d'Etat a en outre estimé que l'absence de 
coordination dans le nord de la Syrie nuisait au combat contre 
l'Etat islamique et a une nouvelle fois demandé aux YPG de 
repasser sur la rive orientale de l'Euphrate tout en soulignant 
que l'essentiel des miliciens kurdes en avaient déjà pris la 
direction. 
 
 (Avec Orhan Coskun à Ankara et Nick Tattersall à Istanbul; 
Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • bernm il y a 3 mois

    Un beau foutoir