Les forces thaïlandaises en alerte dans le centre de Bangkok

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LES FORCES THAÏLANDAISES À NOUVEAU DÉPLOYÉES À BANGKOK
LES FORCES THAÏLANDAISES À NOUVEAU DÉPLOYÉES À BANGKOK

par Viparat Jantraprap et Paul Mooney

BANGKOK (Reuters) - La junte au pouvoir en Thaïlande a à nouveau envoyé dimanche la police et l'armée dans le centre de Bangkok, où des centres commerciaux et des stations de métro ont été fermés en prévention, pour empêcher de nouvelles manifestations.

Les autorités s'attendaient à ce que des manifestations aient lieu en plusieurs endroits de la capitale, notamment dans un secteur où se trouvent de grands centres commerciaux. Les rassemblements politiques de cinq personnes et plus ont été interdits.

Depuis le coup d'Etat militaire du 22 mai après six mois de contestation politique, de petits rassemblements sont organisés quasi-quotidiennement dans la capitale.

Quelque 5.700 policiers et militaires ont été envoyés dans le centre de Bangkok, a indiqué à Reuters le chef adjoint de la police, Somyot Poompanmoung. Pour empêcher les manifestations qui se formeraient ailleurs, des unités de déploiement rapide sont prêtes à intervenir, a-t-il ajouté.

Certains des grands centres commerciaux du quartier de Ratchaprasong ont choisi de fermer leurs portes et de réduire leurs horaires d'ouverture. L'opérateur du métro aérien a fermé plusieurs stations dans le centre de la capitale.

"C'est un quartier d'affaires et nous devons prévenir d'éventuels dégâts si les autorités devaient disperser un rassemblement", a déclaré Somyot Poompanmoung.

Dimanche à la mi-journée, Ratchaprasong était noir de policiers et de journalistes mais les manifestants étaient difficiles à trouver.

Une femme assise à un carrefour portant un masque blanc avec le mot "peuple" inscrit dessus a été interpellée en quelques minutes par la police.

LIBERTÉ, EGALITÉ, FRATERNITÉ

A l'intérieur du centre commercial Terminal 21 dans le quartier d'Asoke, une trentaine de personnes ont manifesté leur opposition au coup d'Etat en faisant un signe de la main avec trois doigts levés représentant la liberté, l'égalité et fraternité. Un des manifestants a été interpellé par la police.

Samedi comme les deux jours précédents, les autorités avaient fermé les artères habituellement très fréquentées autour du Monument de la victoire, qui était en train de devenir un point central d'opposition au coup d'Etat.

Beaucoup de militaires et de policiers étaient présents dans le secteur mais les manifestants ne se sont pas montrés.

Lors d'une conférence de presse samedi, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a appelé la junte à libérer les prisonniers, à mettre fin à la censure et à "agir immédiatement pour rendre le pouvoir au peuple de Thaïlande, via des élections libres et équitables."

La veille, le chef de l'armée, le général Prayuth Chan-ocha, avait estimé qu'il faudrait environ trois mois pour parvenir à la "réconciliation" dans le pays.

Dans une seconde phase, une constitution et un gouvernement provisoires seront mis en place, a-t-il dit, ce qui prendra environ un an. Les élections législatives ne viendront qu'après, dans un délai non spécifié.

Sihasak Phuangketkeow, secrétaire permanent au ministère thaïlandais des Affaires étrangères, s'est employé à calmer les inquiétudes de la communauté internationale.

"La Thaïlande ne va pas disparaître de la carte", a-t-il déclaré à la presse dimanche en marge d'un forum sur la sécurité dans la région qui se tenait à Singapour en soulignant le poids économique de son pays en Asie du Sud-Est.

"Plus important, a-t-il ajouté, nous avons déjà commencé le processus de retour à la démocratie. J'espère vraiment que nos amis et partenaires tiendront compte de ces développements.

(Mathilde Gardin et Danielle Rouquié pour le service français,)

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