Les forces syriennes bombardent le sud de Damas

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BOMBARDEMENT DE DAMAS, EN SYRIE
BOMBARDEMENT DE DAMAS, EN SYRIE

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'opposition syrienne a accusé lundi les forces gouvernementales de bombarder à l'aveugle le sud de Damas pour empêcher les insurgés de progresser de ces faubourgs populaires vers le centre de la capitale.

Selon ces militants, ces pilonnages sont les plus sévères, en quarante jours de tirs d'artillerie et de raids aériens, qu'aient connus ces quartiers majoritairement sunnites où opèrent les rebelles.

"Les avions de chasse ont apparemment touché hier des cibles rebelles spécifiques. Aujourd'hui, les lance-roquettes multiples provoquent d'énormes destructions aléatoires", a déclaré Rami al Sayyed, du Centre syrien des médias, une organisation de militants d'opposition.

D'après les opposants, roquettes et obus ont plu lundi sur les faubourgs de Hadjar al Assouad, Tadamoun et Kadam, des quartiers que la population a en grande partie fuis depuis que l'Armée syrienne libre s'en est emparée. Aucun bilan des victimes éventuelles n'a été communiqué.

Pour Rami al Sayyed, ces barrages d'artillerie visent à empêcher les insurgés de reconstituer leurs forces en périphérie sud de Damas et à protéger une base militaire située en bordure de Hadjar al Assouad.

Des rebelles disent que l'armée syrienne a en outre commencé à retirer des troupes de certaines provinces afin de protéger la capitale. Selon ces sources, une colonne blindée et 3.000 hommes ont été retirés la semaine dernière de la province de Deraa, dans le Sud.

COUPER L'APPROVISIONNEMENT

Dans l'Est, un chef tribal opposé à Assad, Cheikh Nawaf al Bachir, a déclaré qu'une petite unité de la Garde républicaine, corps d'élite loyaliste, avait quitté la province de Daïr az Zour pour regagner Damas.

"Il semble que le régime se rend compte que garder le contrôle de ces provinces est une cause perdue, et il s'emploie à empêcher sa chute à Damas", a déclaré Bachir, notant que des dizaines d'officiers de l'armée ont fait défection ces derniers mois dans ces provinces.

Le chef tribal a ajouté que les rebelles, qui ont conquis récemment la ville de Ras al Aïn, à la frontière avec la Turquie, cherchaient à capturer d'autres localités plus à l'est dans la province de Hassaka, qui borde les frontières avec la Turquie et l'Irak, afin d'assécher l'approvisionnement de la Syrie en pétrole et en céréales.

Après plusieurs mois marqués par de faibles gains sur le terrain, la rébellion syrienne a capturé plusieurs positions militaires au cours de la semaine écoulée dans les provinces périphériques, dont une base des forces spéciales à proximité d'Alep (nord) et un petit aérodrome dans l'Est, à la frontière avec l'Irak.

A Damas, les insurgés ont intensifié leurs opérations de guérilla. Ils ont visé dimanche un barrage routier en bordure d'un quartier situé en hauteur où vit principalement la communauté alaouite, dont est issu le clan présidentiel.

Mais les rebelles, qui opèrent toujours séparément et par petits groupes en dépit des efforts pour former un commandement militaire unifié, n'ont pas conquis une seule grande ville depuis le début du soulèvement en mars 2011.

"Nous voyons mourir le régime à petit feu", affirme toutefois un diplomate occidental. "L'équilibre militaire s'améliore à l'avantage des rebelles. Ce n'est pas encore du 50-50 mais quand ce sera le cas, les loyalistes se demanderont de plus en plus si cela vaut le coup de défendre le régime."

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:31

    Dans ce contexte il convient de lire avec un large sourire la livraison de Reuters ci-dessus!

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:27

    Pour faire court, il se confirme qu’entre le gouvernement et les radicaux islamistes, il n’y a presque rien en Syrie. Et que vu son rayonnement politique, le futur ambassadeur de la coalition à Paris devrait pouvoir se contenter d’un modeste studio meublé en guise d’ambassade…

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:27

    Certes, les politiciens de la Coalition et du CNS se trouvent « recentrés » de fait par l’affirmation de cette « sécession » islamiste », et peuvent se poser en barrage contre l’extrémisme. Sauf que c’est sur le terrain militaire que tout se passe, et là le binôme CNS/Coalition est sans troupes, et donc sans moyens d’action.

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:25

    la Coalition aujourd’hui, comme le CNS hier, est une structure sans influence réelle en Syrie, et sans autorité sur les bandes armées. C’est le radicalisme islamiste qui donne le « la » politique et activiste sur le terrain : même minoritaires numériquement ( ce qui reste à démontrer) ces groupes, salafistes, djihadistes ont l’ascendant sur les groupes plus modérés, ces derniers n’obéissant pas d’ailleurs à l’état-major de l’ASL.

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:23

    Et voici la déclaration: « Nous, les factions combattantes sur le terrain de la ville d’Alep et de sa province, annonçons notre rejet du complot que représente ce qu’on appelle la Coalition nationale et nous sommes mis d’accord à l’unanimité sur l’instauration d’un État islamique juste« . En conséquence, ce front du refus rejette « tous les plans extérieurs, que ce soient les coalitions ou les conseils (référence au CNS) qui nous sont imposés d’où qu’ils viennent«

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:22

    Pas moins de 14 groupes d’inspiration islamiste radicale, animant des bandes armées sur le terrain, annoncent leur rejet du programme et des hommes de l »opposition encadrée par le Golfe et l’0Occident. Figurent les désormais fameux Front al-Nosra, poseur de voitures piégées, et brigade al-Tawhid, en pointe dans les combats, notamment à Damas et Alep

  • baljo le lundi 19 nov 2012 à 18:19

    À peine reconnue par ses sponsors golfistes et français, la Coalition dite nationale de l’opposition, qui regroupe essentiellement la vieille équipe du CNS associée à deux ou trois têtes nouvelles, voit s’ouvrir devant elle un nouveau front politico-militaire, en plus du gouvernement et de l’armée syriens