Les forces pro-Assad progressent près de la frontière turque

le , mis à jour à 16:17
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    * Reprise avec l'appui de l'aviation russe, Rabiya est à 10 
km de la frontière turque 
    * Le camp Assad se renforce avant l'ouverture d'un processus 
politique 
    * Report probable des discussions de Genève 
 
    par John Davison 
    BEYROUTH, 24 janvier (Reuters) - Les forces 
progouvernementales syriennes ont repris dimanche aux rebelles 
la ville de Rabiya, située dans la province côtière de 
Lattaquié, à une dizaine de kilomètres seulement de la frontière 
turque, ont annoncé la télévision syrienne et l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme (OSDH) basé à Londres. 
    Cette nouvelle conquête militaire des forces pro-Bachar al 
Assad intervient à la veille de l'ouverture théorique de 
discussions de paix à Genève entre représentants du gouvernement 
et de l'opposition. Il est cependant probable que cette date ne 
sera pas tenue, du fait notamment des divergences sur la 
composition de la délégation devant représenter l'opposition. 
    La prise de Rabiya s'est faite avec l'appui des frappes de 
l'aviation russe et a été dirigée en partie par des officiers 
russes, précise l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau 
d'informateurs sur le terrain. 
    Il y a une dizaine de jours, les forces progouvernementales 
avaient déjà repris Salma, une autre commune du nord de 
Lattaquié, un des gains les plus importants depuis le début de 
l'intervention de la Russie dans la guerre civile syrienne fin 
septembre.   
    "C'était la deuxième base la plus importante pour les 
combattants (rebelles) dans la campagne au nord de Lattaquié", 
après Salma, reprise le 12 janvier, souligne le directeur de 
l'OSDH, Rami Abdoulrahman. 
    Rabiya, précise-t-il, est la base la plus importante dans le 
secteur du Djebel turkmène de Lattaquié, frontalier avec la 
Turquie. 
    La guerre civile en Syrie, qui entrera en mars dans sa 
sixième année, a fait 250.000 morts, selon les estimations et 11 
millions de déplacés. 
    Ces derniers mois, alors que l'aviation russe est entrée en 
action pour soutenir le régime, l'armée syrienne et ses alliés 
ont gagné du terrain dans les provinces de Lattaquié 
(nord-ouest), Alep (nord-ouest) et Deraa (sud), mais les 
rebelles ont réussi à avancer dans d'autres régions et notamment 
dans la province de Hama.   
    Les frappes aériennes russes sont essentiellement 
concentrées dans l'ouest de la Syrie. Moscou veut effacer les 
avancées des rebelles effectuées l'an dernier, qui menacent le 
coeur du territoire des Alaouites, la minorité chiite à laquelle 
appartient Assad. 
    La Russie dit que son intervention en Syrie vise l'Etat 
islamique, mais les Etats-Unis affirment que ses frappes 
aériennes touchent surtout d'autres groupes rebelles qui luttent 
contre le président Assad, et notamment les insurgés soutenus 
par les pays occidentaux. 
     
    LES DISCUSSIONS DE GENÈVE EN STAND-BY 
    En quatre mois, l'intervention russe a sensiblement modifié 
la donne et conforté le pouvoir de Bachar al Assad. Elle a 
également été suivie d'une offensive diplomatique ayant 
débouché, après deux réunions à Vienne et une troisième à New 
York, sur l'adoption le 18 décembre par le Conseil de sécurité 
des Nations unies d'une résolution appelant à un processus 
politique. 
    Le calendrier appuyé par la résolution 2254 prévoit la mise 
en place dans les six mois d'un gouvernement de transition puis 
la tenue dans les dix-huit mois d'"élections libres et 
régulières (...) qui seraient conduites sous la supervision de 
l'Onu". 
    Le processus devait initialement être lancé lundi à Genève, 
mais il semble probable que les discussions seront reportées. 
    L'obstacle majeur tient à la composition de la délégation de 
l'opposition: la Russie veut qu'elle intègre des représentants 
qui seraient plus proches de son analyse de la situation 
syrienne; l'opposition refuse. 
    Les opposants réclament parallèlement une suspension des 
bombardements russes sur des secteurs civils et la levée du 
siège de plusieurs villes en préalable à leur venue à Genève, 
même pour des discussions indirectes sous médiation de l'Onu. 
    "La question des négociations n'a pas encore été décidée", a 
déclaré sur son fil Twitter Hadi al Bahra, porte-parole du 
comité de négociations mis en place par l'opposition à Ryad. 
    Selon un diplomate occidental, il est peu probable que les 
pourparlers commencent avant mercredi. 
    Les Nations unies ont indiqué qu'elles ne lanceraient pas 
d'invitation tant que les grandes puissances impliquées dans le 
dossier syrien ne se seront pas accordées sur la composition des 
représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes. 
 
 (avec John Irish à Paris; Danielle Rouquié et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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