Les forces irakiennes ont commencé à bombarder Mossoul-Ouest

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    * Dix obus de mortier sur un seul quartier-habitants 
    * La police irakienne avance vers le sud-ouest de la ville 
    * L'offensive entre dans sa huitième semaine 
    * Les 3/4 de la ville encore aux mains des djihadistes 
 
    par Dominic Evans et Ahmed Rachid 
    BAGDAD, 5 décembre (Reuters) - Les forces irakiennes 
soutenues par les pays occidentaux ont commencé à bombarder des 
quartiers ouest de Mossoul en préparation d'un nouveau front 
alors que la bataille pour le contrôle de la grande ville du 
nord de l'Irak, tenue par l'Etat islamique, est entrée lundi 
dans sa huitième semaine. 
    Les forces de la police fédérale irakienne, stationnées à 
quelques kilomètres au sud de Mossoul, sur la rive ouest du 
Tigre qui sépare la ville en deux, veulent pouvoir avancer vers 
l'aéroport en bordure sud-ouest. 
    En ouvrant un deuxième front à Mossoul, les militaires qui 
commandent l'offensive espère accentuer la pression sur les 
quelques milliers de djihadistes qui ont déployé des kamikazes, 
snipers et autres moyens de défense contre les troupes 
irakiennes d'élite dans les quartiers est. 
    Les djihadistes contrôlent encore les trois quarts de la 
ville où vivent encore un million de personnes. 
    Joints au téléphone dans les quartiers ouest, des habitants 
signalaient lundi des tirs au mortier, les premiers dans le 
secteur. 
    "Environ dix obus sont tombés sur le quartier, venant du 
sud, alors que les forces irakiennes approchaient (...) au cours 
des dernières 24 heures", a déclaré un habitant du quartier d'Al 
Djadida de Mossoul dimanche soir. "Cela a causé la panique chez 
les civils parce que c'est la première fois que cela se produit 
dans notre quartier." 
    Les gens ayant peur de quitter leur domicile à cause de ces 
bombardements, un couvre-feu de fait a été instauré, 
précise-t-il. "Un des obus a explosé à 100 mètres de chez nous. 
Il a tué trois jeunes et fait des blessés", a dit cet habitant. 
     
    ARTILLERIE FRANÇAISE 
    Dans le quartier voisin de Mansour, un habitant estime que 
les tirs d'artillerie sont de mauvais augure. Il dit craindre 
"une nouvelle catastrophe humanitaire, comme ce qui s'est passé 
dans les quartiers est". 
    Selon un policier irakien joint sur la ligne de front au 
sud-ouest de Mossoul, les roquettes et autres projectiles de la 
police n'atteignent pas encore la ville. 
    On ajoute toutefois de source militaire que l'artillerie 
française, qui soutient les unités de la police, est active dans 
le sud, tandis que les avions de la coalition internationale 
menée par les Etats-Unis effectuent aussi des frappes. 
    Selon un autre habitant de Mossoul, il y a eu lundi des 
frappes aériennes "constantes" contre des objectifs autour de 
l'aéroport et dans le quartier de Tel Roman en bordure sud-ouest 
de la ville. 
    De leur côté, les djihadistes sont aussi en mouvement. 
Certaines personnes disent avoir vu 40 à 50 pick-ups hérissés de 
lance-roquettes en train de quitter Wadi Agab, une zone 
industrielle en bordure ouest de la ville visée par les frappes, 
pour se diriger vers les quartiers résidentiels plus près de ce 
qui devrait devenir la nouvelle ligne de front. 
    Un commerçant près de la zone industrielle dit avoir vu une 
longue file de camions quitter le secteur dimanche. "Ce matin, 
n'ai pas vu encore d'autre véhicules qui partaient", dit-il. 
"J'ai compté au moins 50 camions." 
    L'attaque à partir du sud, qui tarde à venir, a pour 
objectif de soulager les troupes du service irakien de lutte 
anti-terroriste (CTS), qui sont à la pointe des combats dans la 
partie est de Mossoul depuis un mois et qui sont en première 
ligne dans les combats avec des djihadistes. 
     
    "FORCES HÉROÏQUES" 
    Les officiers racontent une guerre urbaine meurtrière, face 
à des centaines de tireurs embusqués et de kamikazes qui veulent 
commettre des attentats à la voiture piégée, sans oublier le 
réseau de tunnels creusé par les djihadistes pour lancer des 
contre-offensives surprises. 
    La présence des civils dans toutes la ville ralentit 
également leur progression. Au rythme actuel, la bataille 
devrait continuer en 2017. Les commandants irakiens disent avoir 
tué un millier des 5.000 à 6.000 combattants de l'EI qui, selon 
les estimations, se trouvaient à Mossoul au début de 
l'offensive. 
    L'armée irakienne ne donne pas de chiffre concernant ses 
pertes. Selon un bilan fourni la semaine dernière par les 
Nations unies, près de 2.000 membres des forces de sécurité 
irakiennes ont été tués en Irak en novembre. 
    L'armée irakienne poursuit néanmoins sa progression et le 
secrétaire américain à la défense Ash Carter a déclaré lundi que 
Mossoul pourrait bien être reprise avant l'entrée en fonction du 
prochain président des Etats-Unis Donald Trump le 20 janvier. 
  
    Sabah al Noumani, porte-parole des CTS, a annoncé qu'elles 
étaient entrées lundi matin dans le quartier de Barid, situé 
dans la partie est de Mossoul. "Nos forces héroïques ont porté 
le combat dans les rues à al Barid depuis les premières heures 
du matin dans le but de contrôler le quartier. Les combats se 
poursuivent", a-t-il déclaré. 
    Les combats à Barid font suite à une série de 
contre-attaques de l'EI depuis vendredi soir dans l'est, le sud 
et l'ouest de la ville. 
    L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit lundi avoir 
livré des médicaments et du matériel médical pour 13.000 
personnes dans les quartiers est de Mossoul. 
 
 (Avec Saif Hamid à Bagdad et Isabel Coles à Erbil; Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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