Les forces irakiennes avancent prudemment dans l'est de Mossoul

le , mis à jour à 15:55
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 (RPT mention point en fin de dépêche, le reste sans changement) 
    * Les unités spéciales ont repris pied dans sept quartiers 
    * Plus de 100 voitures piégées lancées contre les troupes 
    * Des snipers se cacheraient parmi la population 
    * L'Etat islamique revendique des attentats à Tikrit et 
Samarra 
 
    par Ahmed Rasheed 
    BAGDAD, 6 novembre (Reuters) - Les forces spéciales 
irakiennes progressaient à pas comptés dimanche dans les 
quartiers de l'est de Mossoul qu'elles ont repris ces derniers 
jours à l'Etat islamique, craignant les balles des tireurs 
embusqués et les voitures piégées des djihadistes.  
    Les hommes du CTS (Service antiterroriste) sont entrés lundi 
dernier dans la métropole du nord de l'Irak et ont reconquis 
sept districts, prenant pied pour la première fois à Mossoul 
depuis la débandade des forces régulières et la prise de la 
ville sans résistance par l'Etat islamique en juin 2014. 
    L'offensive pour reprendre Mossoul, lancée le 17 octobre, 
s'est doublée dimanche du déclenchement d'une opération des 
Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance arabo-kurde 
soutenue par les Etats-Unis, contre l'autre fief de l'Etat 
islamique, Rakka dans le nord-est de la Syrie.   
    Ce double assaut pourrait porter un coup fatal au califat 
autoproclamé en 2014 par Abou Bakr al Baghdadi, le chef de l'EI, 
qui a appelé il y a trois jours ses partisans à combattre 
jusqu'à la mort.   
    Face à la progression des troupes irakiennes et leurs 
alliées, les djihadistes lancent des kamikazes au volant de 
voitures piégées, des attaques au mortier, et comptent sur les 
engins explosifs improvisés et les snipers pour ralentir 
l'ennemi. Des combattants se cachent également parmi les 
habitants des quartiers repris par l'armée, dit le CTS.  
    "C'est pour cela que nous menons la guerre urbaine la plus 
dure qu'aucune force au monde ne pourrait entreprendre", a 
déclaré le porte-parole du CTS, Sabah al Noumani.  
    "Parfois, ils grimpent sur les toits des maisons où vivent 
encore des habitants, ils les prennent en otages et ouvrent le 
feu sur nos forces, parce qu'ils savent que nous ne mènerons pas 
de frappes aériennes sur des cibles où il y a des civils." 
    Le général Maan al Sadi, un commandant du CTS, a déclaré à 
la télévision que l'EI avait lancé plus de 100 véhicules piégés 
contre ses forces dans l'est de Mossoul, qui n'est qu'un des 
nombreux fronts de l'offensive.  
     
    CONVOI ENCERCLÉ 
    Vendredi soir, une unité des forces spéciales a été attaquée 
de l'arrière alors qu'elle avançait dans la ville, a déclaré un 
colonel de la 9e division blindée, qui participe également à des 
opérations dans le secteur.  
    Les djihadistes ont surgi de maisons derrière les militaires 
et isolé leur convoi, empêchant l'arrivée de renforts. Encerclés 
et manquant de munitions, ils ont dû s'abriter dans des maisons 
jusqu'au lendemain. 
    L'agence Amak, organe de propagande de l'EI, a diffusé 
dimanche les images de véhicules militaires capturés ou 
détruits. On peut voir la carcasse calcinée d'un blindé Humvee 
que l'agence dit avoir été filmée dans le quartier d'Aden.  
    Amak a également rapporté que l'EI était responsable de deux 
attentats à la bombe qui ont fait 21 morts à Tikrit et Samarra. 
Selon les autorités irakiennes, les attaques ont été perpétrées 
par des kamikazes conduisant des ambulances chargées 
d'explosifs. 
    Alors que l'armée et les forces spéciales attaquent Mossoul 
par l'est, les forces kurdes tiennent le front nord-est et des 
milices chiites cherchent à couper les routes qui conduisent 
vers la Syrie par le désert au sud-ouest.  
    Les forces irakiennes progressent également par le sud et 
sont entrées samedi dans Hammam al Alil, dernière ville 
d'importance avant Mossoul. Elles sont à 4 km de l'aéroport de 
Mossoul, située en bordure sud-ouest de la ville, a déclaré un 
officier.   
    Le chef de la sécurité du Kurdistan irakien, Masrour 
Barzani, a dit s'attendre à une lutte longue et féroce contre 
l'EI. "Plus ils perdent espoir, plus on s'attend à ce qu'ils 
combattent encore plus violemment", a-t-il dit à Reuters.  
    L'Etat islamique a déjà lancé des drones piégés, tiré des 
obus remplis de chlore ou de gaz moutarde et s'appuie sur des 
tireurs embusqués très efficaces, a ajouté le chef du Conseil de 
sécurité du gouvernement régional du Kurdistan. 
     
    LE POINT sur la bataille de Mossoul   
     
 
 (Avec Michael Georgy et Babak Dehghanpisheh; Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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