Les forces franco-maliennes aux portes de Tombouctou

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LES FORCES FRANCO-MALIENNES AUX PORTES DE TOMBOUCTOU
LES FORCES FRANCO-MALIENNES AUX PORTES DE TOMBOUCTOU

par Tiemoko Diallo

BAMAKO (Reuters) - Les forces françaises et maliennes qui progressent rapidement vers le nord du Mali sont arrivées aux portes de Tombouctou, prise l'année dernière par les rebelles islamistes, a-t-on appris dimanche de source militaire malienne.

"Ils ont passé Niafounké et, depuis hier (samedi) soir, ils sont aux portes de Tombouctou", a-t-on précisé de même source.

Les militaires français et maliens se seraient arrêtés aux abords de la ville, classée au patrimoine mondiale de l'Unesco, pour mettre au point leur stratégie avant de pénétrer dans cet entrelacs de ruelles de pisé parsemées de mosquées et de monuments anciens. Ils n'auraient jusqu'à présent rencontré aucune résistance.

"Tombouctou, c'est délicat. On n'y entre pas comme ça", a souligné le militaire malien ayant requis l'anonymat.

Un habitant ayant quitté la ville a dit sans plus de détail avoir reçu un message d'un ami resté sur place qui a vu des membres des forces gouvernementales dans les rues.

Selon le militaire malien et au moins un habitant de Gao qui s'est rendu dans le sud de la ville, des "poches de résistance" subsistent, et les forces gouvernementales procèdent à des fouilles, maison par maison.

Les islamistes d'Ansar Dine et du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), qui tiennent le nord du Mali depuis avril, ont soulevé une vague d'indignation internationale en détruisant des mausolées soufis de Tombouctou, qu'ils jugent impies.

Samedi, les forces françaises et maliennes avaient repris Gao, la plus grande ville du Nord, un peu plus de deux semaines après le lancement de l'opération Serval. Kidal, la troisième grande agglomération du Nord tenue par les islamistes, reste toutefois entre leurs mains.

Le double mouvement militaire vers Gao et Tombouctou a été précédé d'une trentaine de sorties aériennes, selon le ministère français de la Défense.

LES USA DE PLUS EN PLUS IMPLIQUÉS

Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le mouvement touareg dont la rébellion séparatiste dans le nord du pays a été évincée par des groupes islamistes, a par ailleurs proposé aux forces militaires françaises l'aide de ses combattants, particulièrement aguerris dans le désert.

S'exprimant à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, il a déclaré que le MNLA était prêt à attaquer les forces islamistes liées à Al Qaïda, aujourd'hui en retrait. Elles se cachent selon lui dans les montagnes de Tidmane et Tigharghar, dans la région de Kidal, à la frontière avec l'Algérie.

"Le MNLA est en alerte maximale", a déclaré Assaleh.

Paris a reçu dans la nuit de samedi à dimanche une nouvelle marque de soutien de la part des Etats-Unis, qui ont accepté à sa demande de ravitailler en vol les avions français engagés au Mali.

Lors d'un entretien téléphonique, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta et son homologue français Jean-Yves Le Drian ont en outre évoqué la possibilité pour les Etats-Unis de transporter des militaires de pays africains.

Vendredi, Barack Obama s'était entretenu par téléphone avec François Hollande et le Pentagone avait confirmé mardi que des avions de transport C-17 de l'armée américaine aidaient au déploiement des unités de l'armée française.

Côté africain, les chefs d'état-major de la région ont porté samedi à 7.700 hommes les effectifs promis dans le cadre de la Misma, soit 2.000 de plus que prévu.

Liberia, Guinée-Bissau, Burundi, Guinée et Uganda doivent y être associés, mais on ignore si les problèmes de financement, de transport et d'équipement ont été résolus. Pour l'heure, seuls 1.900 soldats africains sont arrivés au Mali.

Une longue colonne de véhicules blindés et de plusieurs centaines de militaires tchadiens a quitté Niamey samedi en direction de la frontière malienne.

Le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, président sortant de l'Union africaine (UA), a déploré dimanche la lenteur de la réaction du continent. "Comment se fait-il que, face à un danger qui menace ses propres fondations, l'Afrique, bien qu'elle ait les moyens de se défendre, continue à attendre", a-t-il déclaré lors d'un sommet de l'UA à Addis-Abeba, avant de remettre la présidence de l'organisation à l'Ethiopie.

Avec Richard Valdmanis à Sévaré; Bertrand Boucey, Jean-Philippe Lefief et Hélène Duvigneau pour le service français

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