Les forces de sécurité ont tué 37 personnes en RDC-HRW

le , mis à jour à 16:56
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 (Actualisé avec bilan de HRW, précisions) 
    KINSHASA, 20 septembre (Reuters) - Human Rights Watch (HRW) 
a dit mardi disposer d'"informations crédibles" indiquant qu'au 
moins 37 personnes ont été tuées par les forces de sécurité 
après de violentes manifestations de l'opposition en République 
démocratique du Congo (RDC). 
    Selon Ida Sawyer, chargé de l'Afrique au sein de l'ONG, 20 
personnes sont mortes lors des manifestations de lundi et 17 
autres depuis. 
    "La plupart des victimes ont été tuées lorsque les forces de 
sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants. D'autres sont 
mortes la nuit dernière quand les forces de sécurité ont 
incendié le siège d'un parti de l'opposition", déclare-t-elle 
dans un courriel envoyé à Reuters.  
    Le ministère de l'Intérieur de RDC en reste à un bilan de 17 
morts lundi, dont trois policiers, dans la capitale Kinshasa. 
Interrogé par Reuters, son porte-parole, Pero Luwara, a qualifié 
le bilan avancé par HRW de "typique" de l'organisation basée à 
New York. 
     Les manifestants protestaient contre la volonté prêtée au 
président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la 
limite prévue par la Constitution, à la fin de cette année, 
aucune date n'ayant encore été fixée pour l'organisation de la 
prochaine élection présidentielle.   
    Selon des témoins, les violences se sont poursuivies dans la 
nuit avec notamment l'incendie du siège de l'Union pour la 
démocratie et le progrès social (UDPS), qui se trouve dans le 
quartier de Limete. 
    Un membre de ce parti d'opposition dirigé par Etienne 
Tshisekedi, qui a perdu contre Joseph Kabila au second tour de 
l'élection présidentielle de 2011, a dit avoir vu des hommes 
armés entrer au siège du parti vers 03h00 du matin (02h00 GMT) 
et y mettre le feu. 
    "Nous étions en train de dormir quand des hommes sont 
arrivés et ont forcé la porte (...). J'ai vu des hommes en 
uniforme militaire. Ils ont jeté de l'essence et ont mis le feu 
au bâtiment. J'ai couru pour me cacher", a déclaré Jean Toumba, 
un membre de l'UDPS qui dormait dans l'immeuble. 
    Deux corps calcinés étaient visibles à l'intérieur des 
bureaux de l'UDPS, à côté de jerricans d'essence vides 
éparpillés, a constaté un journaliste de Reuters. 
    A Genève, le porte-parole du Conseil des droits de l'homme 
des Nations unies, Rupert Colville, a déclaré que l'Onu avait 
été informée d'un usage excessif de la force par la police 
congolaise et estimait à environ 200 le nombre de personnes 
arrêtées lundi. 
 
 (Kenny Katombe et Benoit Nyemba; Danielle Rouquié et Tangi 
Salaün pour le service français) 
 
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