Les fonds ISR ne permettent pas de réduire les risques, selon l'Edhec

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(NEWSManagers.com) -
" L'idée selon laquelle les fonds ISR permettraient de réduire les risques en ayant un caractère plus défensif et auraient acquis leur lettres de noblesse pendant la crise financière est fausse" , a déclaré Noël Amenc, directeur de l'Edhec-Risk Institute, lors de la conférence de la gestion institutionnelle 2010 qui se tenait mardi et mercredi à Paris. Sa nouvelle étude sur les fonds ISR, qui se trouve être un approfondissement de la première menée en 2008 qui s'arrêtait fin 2007, montre que " les fonds ISR n'ont pas été épargnés par une augmentation des risques extrêmes durant la crise financière" , a-t-il déclaré.
L'étude confirme également les résultats de la version précédente qui ne démontraient pas de surperformance des fonds ISR. Ces produits ont en majorité sous-performé leurs marchés (alphas négatifs) mais de façon non significative sur longue période.
Noël Amenc nuance toutefois les résultats de son étude, en déclarant qu'elle mesure uniquement la performance financière de l'ISR, qui n'est qu'une dimension de la performance de ce type d'investissement. Pour fournir aux investisseurs une information exhaustive, cette performance doit être complétée par la performance extra-financière.
Dans ce contexte, le directeur de l'Edhec-Risk Institute s'interroge néanmoins sur la pertinence pour les investisseurs institutionnels, qui ont un budget de risque limité, de choisir des fonds ISR, en raison du coût que cela peut avoir.

Cela n'empêche pas des investisseurs de renom, présents à la table ronde, comme le Fonds de réserve pour les retraites et l'Erafp d'avoir fait le choix de l'ISR.
Antoine de Salins, membre du directoire du FRR, estime qu'aborder le sujet de l'ISR uniquement sous l'angle financier est restrictif. Pour lui, l'avantage de l'ISR est que cela oblige l'investisseur à s'interroger sur sa responsabilité fiduciaire. " Et en quoi cette responsabilité me permet, voire m'oblige à intégrer dans la politique d'investissement ou dans le processus d'investissement des critères ESG (environnement, social, gouvernance)" .


Dans cette perspective, il se dit toujours surpris de voir que certains investisseurs délèguent la définition de l'ISR à des sociétés de gestion. Pour lui, le choix des valeurs ISR, comme l'allocation, est une question souveraine.


En conclusion de la table ronde, Noël Amenc a estimé que demain, les critères ISR doivent devenir des critères de choix des valeurs au même titre que les critères financiers. Pour lui, il ne faut pas marginaliser l'ISR dans des fonds, mais l'intégrer à la recherche globale, comme le fait Robeco. Et tenir compte de 50 ans de recherche financière.

Cela rejoint dans une certaine mesure ce que compte faire Philippe Desfossés, directeur général de l'Erafp. Pour le prochain mandat sur la zone euro, il a l'intention ouvrir l'appel d'offres à toutes sortes de gérants, même non ISR. La seule condition est qu'ils devront gérer un univers de valeurs choisies préalablement par l'Erafp. " L'idée est de pouvoir choisir n'importe quel gestionnaire, quel que soit son style" .

info NEWSManagers

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