Les fonds avancent en mai, action de la BCE anticipée

le
0
PROGRESSION EN MAI DES FONDS COMMERCIALISÉS EN FRANCE SUR DES ANTICIPATIONS D'UNE ACTION DE LA BCE
PROGRESSION EN MAI DES FONDS COMMERCIALISÉS EN FRANCE SUR DES ANTICIPATIONS D'UNE ACTION DE LA BCE

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les fonds commercialisés en France ont nettement accéléré leur progression en mai, les anticipations d'une action forte de la Banque centrale européenne (BCE) ayant relégué au second plan les tensions en Ukraine et les craintes de voir les eurosceptiques l'emporter lors des élections du parlement européen.

La BCE a annoncé début juin un ensemble de mesures destinées à lutter contre la faiblesse de l'inflation, à relancer le crédit et à soutenir la reprise au sein de la zone euro, abaissant ses taux directeurs jusqu'à tester le passage en territoire négatif de son taux de dépôt et offrant aux banques de nouvelles facilités de refinancement à long terme.

L'anticipation de telles décisions de la part de l'institution monétaire européenne a permis à l'indice SBF 120 incluant les dividendes de grimper de 2,5% le mois dernier avant de stagner depuis, avec une hausse limitée à 0,2% en juin suite, notamment, aux violences en Irak.

Le taux de l'emprunt d'Etat espagnol à 10 ans est tombé à 2,58% début juin, contre 3,24% fin mars, celui de l'Italie est passé de 3,29% à 2,7% pendant que l'OAT française a vu son rendement diminuer de 2,1% à 1,7% et le Bund de 1,57% à 1,4%.

"Il est remarquable de noter que les performances de ce début d'année se font sans réelle discrimination entre les classes d'actifs à l'exception notable du marché japonais. La course effrénée au rendement est donc le thème porteur de ce début d'année", commente Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM.

UNE PRISE DE RISQUE ACCRUE LIÉE À LA RECHERCHE DE RENDEMENT

Les fonds vendus en France ont progressé de 4% entre janvier et mai, contre +1,7% sur les quatre premiers mois de l'année dans le sillage des gestions investies en actions (+5% contre +1,5%) et des fonds obligataires (+4% contre +2,5%), montrent des données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters.

Si les fonds en actions japonaises ont ramené leur recul de -9% à -2,5% entre les deux périodes, les gestions spécialisées dans les valeurs françaises sont en hausse de 7,8% sur les cinq premiers mois de 2014, après un gain de 5,6% sur janvier-avril. Du côté obligataire, l'univers a été soutenu par les gestions en titres à haut rendement (High Yield) (+4,7% contre +2,7%).

"Il y a une prise de risque accrue liée à la recherche de rendement. On accepte de prendre plus de risque car on cherche du rendement dans un environnement où les rendements tendent justement à diminuer", remarque Thomas Dhainaut, gérant chez Sycomore AM.

"Dans l'échelle des risques, on passe des taux sans risque aux emprunts d'Etat puis au crédit et dans le crédit quand on a épuisé le High Yield on s'intéresse aux actions, et en premier lieu à celles offrant du rendement", explique le gérant.

En termes d'allocations d'actifs, le montant alloué en mai dans les fonds obligataires de droit français a atteint un total net de 1,4 milliard d'euros, dont 177 millions d'euros dans le compartiment du haut rendement, selon un extrait de la dernière note mensuelle d'EuroPerformance.

L'agence spécialisée dans la mesure de l'analyse de la performance des fonds d'investissements européens indique que la collecte s'est élevée à 463 millions d'euros dans les gestions actions.

Toutes classes d'actifs confondues, le marché des fonds de droit français a cependant subi 2,3 milliards d'euros de rachats le mois dernier, plombé par une décollecte de 3,5 milliards d'euros dans les OPCVM de trésorerie.

(Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux