Les fonds actions replongent au 2e trimestre

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LA CRISE EN ZONE EURO PÈSE SUR LES FONDS ACTIONS
LA CRISE EN ZONE EURO PÈSE SUR LES FONDS ACTIONS

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La performance des fonds actions commercialisés en France a replongé au deuxième trimestre, après six mois de gains, dans un environnement marqué par la crise en zone euro et le ralentissement économique mondial, montrent les données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters.

Le regain d'aversion au risque a lourdement pesé sur les marchés actions en avril et mai, l'indice SBF 120 chutant de 11,6% sur cette période avant de rebondir de 5,5% en juin grâce aux espoirs d'une intervention des autorités internationales pour soutenir la croissance et endiguer la crise européenne.

Depuis, les actions alternent hausses et baisses dans un contexte où les avancées réalisées durant le dernier sommet européen, comme une recapitalisation directe des banques par le mécanisme européen de stabilité financière (MES), n'ont toujours pas été mises en place.

"Nous sommes confinés dans un monde dans lequel les investisseurs ne peuvent pas sortir d'un va-et-vient perpétuel entre appétit et aversion au risque (risk-on, risk-off)", commente John Velis, responsable de la recherche sur les marchés de capitaux chez Russell Investments pour la zone Europe, Moyen-Orient et Asie (EMEA).

A cette volatilité s'ajoute un environnement récessif en Europe peu propice à un investissement en actions. Selon les analystes, un tel environnement dégrade encore un peu plus les finances publiques et décrédibilise les politiques de rigueur.

DOPER LA PERFORMANCE

"Les conclusions du sommet sont de ce fait, toutes choses égales par ailleurs, plus favorables aux valeurs bancaires et aux marchés de taux, notamment souverains (volonté de casser le lien entre banques et Etats), qu'aux marchés des actions", estime Philippe Ithurbide, directeur recherche, stratégie et analyse d'Amundi.

Dans un tel contexte, favorable aux gestions défensives, les gérants sont en quête de rendement pour doper la performance de leurs fonds, en investissant dans des actions à dividendes élevés ou des obligations d'entreprises à haut rendement.

"Des perspectives de faible croissance alliées à des risques en réduction sur les dettes d'Etat constituent un environnement positif pour les investisseurs en dette d'entreprise", note Eric Pictet, directeur général du bureau de Paris de Muzinich & Co.

"Contrairement aux actions, les obligations à haut rendement n'ont pas besoin d'une forte croissance pour délivrer de la performance", ajoute-t-il.

De fait, les fonds actions commercialisés en France ont accusé un recul de 3,6% au deuxième trimestre, après un gain de 9,2% en janvier-mars, pendant que les gestions obligataires ont progressé de 1,2% (+3,6% au premier trimestre), dont une hausse de 5,4% des fonds en obligations à haut rendement américaines.

La quête de rendement se retrouve également dans la demande des clients, les fonds obligataires ayant enregistré au niveau mondial une collecte de 208,6 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, dont 19,5 milliards en juin, contre 18,3 milliards de sorties des gestions actions (-14,5 milliards en juin), selon Lipper.

Edité par Benjamin Mallet

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