Les fonds actions de la zone euro pénalisés par le vote italien

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LES FONDS ACTIONS DE LA ZONE EURO PÉNALISÉS PAR LE VOTE ITALIEN
LES FONDS ACTIONS DE LA ZONE EURO PÉNALISÉS PAR LE VOTE ITALIEN

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les fonds actions commercialisés en France ont pâti en février du regain d'incertitudes né des élections italiennes alors que les gestions spécialisées dans les valeurs américaines et japonaises ont respectivement profité de statistiques rassurantes et d'annonces de la Banque du Japon (BoJ).

La difficulté de former un gouvernement en Italie après les élections sénatoriales et législatives a non seulement peser sur la performance des gestions risquées de la zone euro mais a également incité les investisseurs à sortir de ces fonds pour se repositionner dans d'autres catégories d'actifs.

C'est ainsi que l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans a connu un afflux important le mois dernier, le Bund gagnant 2% en février quand l'EuroStoxx 50 a perdu 2,6%, également plombé par la faiblesse des résultats d'entreprises.

Si la Bourse a depuis repris quelques couleurs (+2,5% pour l'EuroStoxx 50), grâce à la perspective d'une poursuite des mesures de soutien des banques centrales, l'incertitude créée par l'Italie alimente encore les interrogations d'investisseurs pointant du doigt les problèmes de la zone euro.

"Le vote italien cristallise une fatigue plus vaste : faute de pouvoir profiter d'une dévaluation monétaire, la zone euro s'inflige depuis trois ans une dévaluation exclusivement économique, sans perspective et sans vision, dont l'impact social est considérable", souligne dans sa dernière lettre mensuelle Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement de Carmignac Gestion.

Les fonds actions européennes ont vu leur hausse ralentir à +3,5% sur les deux premiers mois de l'année, après un gain de 3,0% en janvier, pendant que les gestions obligataires affichent une performance positive (+0,1%) sur janvier-février après avoir reculé de 1,1% en début d'année, montrent les données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters.

Selon un extrait de la note mensuelle d'EuroPerformance, la décollecte dans les OPCVM Obligations s'élève à 919 millions d'euros en février dans le sillage des gestions de dette privée (-592 millions d'euros), le haut rendement ayant subi 167 millions d'euros de sorties après plusieurs mois de collecte ininterrompue.

L'agence spécialisée dans la mesure de l'analyse de la performance des fonds d'investissement européens ajoute que les gestions actions Europe ont subi 333 millions d'euros de rachats pendant que les fonds actions Amérique ont collecté le mois dernier 479 millions d'euros.

Profitant des espoirs suscités par les chiffres de l'emploi et de l'immobilier aux Etats-Unis, les gestions en actions américaines vendues en France ont progressé de 7,2% sur les deux premiers mois de l'année, après +3,2% en janvier.

Les fonds spécialisés dans les actions japonaises ont, eux, porté à 6,7% à fin février leur hausse depuis le début de l'année, contre +0,8% en janvier, la BoJ ayant annoncé une série de mesures destinées à permettre à l'économie de l'archipel de sortir durablement de la stagnation.

"Pour les semaines à venir, il serait logique que les négociations budgétaires américaines reviennent en tête des préoccupations, avec leur lot d'inquiétudes, de déclarations fracassantes et de compromis", prévient Bernard Aybran, directeur de la multigestion d'Invesco Asset Management.

"Dans l'intervalle, les investisseurs pourraient être tentés de prendre un peu de recul", estime le gérant.

Edité par Dominique Rodriguez

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