Les fonctionnaires défilent pour le pouvoir d'achat

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LES FONCTIONNAIRES DANS LA RUE
LES FONCTIONNAIRES DANS LA RUE

PARIS (Reuters) - Des milliers de fonctionnaires ont manifesté jeudi à Paris et dans une centaine de villes de province pour dénoncer le gel de leurs salaires depuis quatre ans et la politique d'austérité imposée, selon eux, par l'exécutif.

Pour la première fois depuis 2007, sept fédérations (CFDT, CGT, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP (Autonomes), rejointes par Force Ouvrière avec ses propres revendications, ont défilé dans l'unité, sans toutefois faire le plein de leurs troupes.

Des perturbations ont eu lieu dans le transport aérien, touché par une grève des contrôleurs aériens.

Une centaine de vols ont été annulés et d'autres retardés au départ ou à l'arrivée, notamment d'Orly, Roissy, Toulouse, Marseille et Nice.

Air France a ainsi annulé 115 vols essentiellement au départ de l'aéroport parisien d'Orly et à destination de Marseille et Nice, a indiqué un porte-parole de la compagnie.

La plupart des dirigeants syndicaux nationaux ont pris la tête du cortège parisien, qui a défilé de la place Denfert-Rochereau jusqu'aux Invalides.

Elle a rassemblé 10.000 personnes, selon la police, et 20.000 d'après les organisateurs.

L'appel à la mobilisation visait plus de cinq millions d'agents des trois secteurs de la fonction publique (territoriale, hospitalière et fonction publique d'Etat).

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a exclu de faire un geste tant que la croissance serait en panne.

"Nous ne pourrons faire de geste que le jour où la croissance redémarrera dans notre pays. Elle est nulle. En croissance zéro, il n'y aura pas de revoyure", a-t-elle dit sur France Info.

"L'INSEE NOUS DONNE RAISON"

La croissance de la France a été nulle au premier trimestre, selon l'Insee, fragilisant les espoirs de "retournement" du gouvernement, qui continue à tabler sur 1% de croissance en 2014.

"Le gouvernement devrait faire attention, quand on poursuit une logique d'austérité comme il le fait, c'est dangereux socialement, c'est dangereux économiquement, mais c'est aussi dangereux démocratiquement", a répondu Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, sur BFM-TV.

"Le gouvernement est attentif à ce que peut lui dire le patronat, on voit qu'il lâche rapidement 30 milliards d'euros à la demande de Pierre Gattaz, et qu'il a du mal à procéder au dégel du point d'indice, contrairement à ce que le président lui-même avait déclaré dans sa campagne électorale", a déploré Thierry Lepaon, le dirigeant de la CGT.

La principale revendication des syndicats est la revalorisation immédiate du point d'indice dont le gel a été confirmé jusqu'en 2017 par le Premier ministre Manuel Valls dans le cadre de son plan d'économie de 50 milliards d'euros.

Or, la dernière augmentation générale du point d'indice de 0,5% remonte à 2010, ce qui a provoqué une détérioration du pouvoir d'achat en raison de l'inflation, et les fonctionnaires expriment leur ras-le-bol d'être les otages de la crise.

CORTÈGES PEU NOURRIS

Ils dénoncent également l'austérité dans son ensemble, notamment les non remplacements de départs à la retraite réalisés pour préserver des ministères considérés comme "prioritaires" (justice, police et éducation).

La CGT a ainsi décidé de tout mettre en ?uvre pour réussir une nouvelle journée nationale d?action unitaire interprofessionnelle d?ici la fin juin 2014 "pour obtenir un changement de cap dans la politique économique et sociale".

Près de 2.000 fonctionnaires ont manifesté à Strasbourg derrière une banderole unitaire sur laquelle était écrit : "Salaire des fonctionnaires, le compte n'y est pas".

Les manifestants étaient environ 2.500 à Nantes. "On n'est pas contre la maîtrise des dépenses publiques, mais à un moment donné ça ne devient plus tenable", a dit Franck Truong, secrétaire départemental de la CFDT en Loire-Atlantique.

A Lyon, les syndicats ont revendiqué 5.000 manifestants, mais la police n'en a compté que 2.700, et à Toulouse, entre 10.000 et 3.100 personnes ont défilé.

Entre 2.000 manifestants, selon la police, et 6.000 d'après les syndicats, ont marché dans les rues de Bordeaux.

(Gérard Bon, avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • grinchu1 le jeudi 15 mai 2014 à 19:01

    quel culot !honte à eux et surtout au racket de leurs syndicats !

  • gjack le jeudi 15 mai 2014 à 18:30

    les fonctionnaires ont porté FH et sa bande de bras cassés au pouvoir, qu'ils assument

  • M2179486 le jeudi 15 mai 2014 à 18:22

    Ce que vous oubliez, c'est que sans fonctionnaires, pas de fonction publique ! Pas d'écoles, pas d’hôpitaux, pas de police, rien !!!!!pas de sécu non plus, ni de voiries...... pas de courrier, enfin ..... pas grand-chose !Et les usagers sont les premiers à dire que rien ne fonctionne, sans fonctionnaires, ça serait bien pire !!!

  • M5888163 le jeudi 15 mai 2014 à 17:53

    Et les retraités vont-ils défiler pour leur pouvoir d'achat qui est amputé tous les ans de plus en plus !!

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:16

    7-il en coûtera à vous et vos héritiers, 1,4 Mds € sur 73 ans! En langage "normal", comment appelle-t-on cela ? De l'inconscience ? De la mégalomanie ? De l'irresponsabilité ? De l'incompétence ? Quand on sait qu'au cours des 30 dernières années, le nombre de foncs est passé de 3,86 à 5,3 millions (chiffre au 31 décembre 2007), ne serait-ce pas plutôt un hold-up, un vol à main armée contre les Français ? Combien de temps va-t-on laisser encore impunis ces crimes contre l'économie ?...

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:16

    6-Quand Bertrand Delanoë, en recrute 10 000 , il engage son électeur/ contribuable parisien, sur 35 mds € ( le budget annuel de la ville de Paris est de 8 mds). Une exceptionnelle manœuvre dépensière ! Lorsqu'un conseil général lambda recrute 800 fonctionnaires de plus, alors qu'il en a déjà trop, l'addition finale sera de 2,8 milliards d'euros. Enfin, quand le maire "normal" de votre ville "moyenne" de 40 000 hab. recrute 300 fonctionnaires sur son dernier mandat,../…

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:15

    5-Là où nos voisins en UE réduisent leurs effectifs, suppriment leurs statuts à vie ou les réservent aux agents ayant des missions régaliennes, la France continue à embaucher à... 3,5 mils €, un fonctionnaire pour une vie, soit des mds d’€ qui partent en fumée. Quand on recrute 60 000 agents dans le mammouth de l'Éducation nationale, on engage l'État sur la somme colossale de 210 mds d'€ (60 000 X par 3,5 millions) et on augmente d'autant la dette de la France sur le long terme.

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:14

    4-compte tenu des cotisations chômage qu'ils n'ont pas à payer, et des cadres à responsabilité dont le salaire moyen est plus élevé (3 180 euros), on peut arrondir le coût annuel net moyen pour l'État patron, sans trop se tromper, à 48 000 euros par tête. Multiplions par les fameuses 73 années : nous obtenons 3,5 millions d'euros, ce qui est précisément le chiffre d'Agnès Verdier-Molinié dans son livre

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:14

    3-Dans le privé, un employé qui gagne 2 000 euros net par mois, soit 24 000 euros par an, coûte près du double à son employeur, 45 000 euros, sans compter la mutuelle et la prévoyance supplémentaire. Si l'on applique ce système à la fonction publique, sachant que le salaire moyen pour un employé ou un cadre intermédiaire y est de 2 160 euros net par mois en 2011 (source : Les Échos du 06/02/2012), on arrive à une charge totale de près de 49 000 euros par an.

  • mlaure13 le jeudi 15 mai 2014 à 17:13

    2-Ce que l'on sait moins, c'est que, contrairement au privé, leurs pensions de retraite sont indexées sur les augmentations de salaire des actifs et au minimum sur l'inflation ; et que la réversion au conjoint survivant est automatique, alors que, dans le privé, elle est soumise aux conditions de ressources du survivant. CHAQUE EMBAUCHE COUTE 3,5 millions €. Ce fonctionnaire moyen, au final, combien va-t-il donc coûter au budget de l'État, en argent d'aujourd'hui ?