Les Florange répondent en bloquant les voies

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LES SALARIÉS D'ARCELORMITTAL À FLORANGE BLOQUENT LA VOIE FERRÉE
LES SALARIÉS D'ARCELORMITTAL À FLORANGE BLOQUENT LA VOIE FERRÉE

FLORANGE, Moselle (Reuters) - Les sidérurgistes d'ArcelorMittal à Florange ont bloqué vendredi les entrées et sorties de la gare de triage qui alimente l'usine en réponse aux annonces de Nicolas Sarkozy et de leur direction concernant un redémarrage très hypothétique de leurs hauts-fourneaux, a constaté Reuters.

Au nombre d'une centaine, ils ont également occupé pendant près de deux heures les voies de la SNCF, empêchant tout trafic ferroviaire, notamment celui des TGV entre Metz et le Luxembourg, avant que les forces de l'ordre ne les en délogent en début d'après-midi.

Les syndicalistes ont accueilli aux accents de la Marseillaise le sous-préfet venu leur intimer au préalable de libérer les voies.

"Votre message est entendu au plus haut sommet de l'Etat", a plaidé François Marzorati.

"S'il y a des gens assez crédules au plus haut sommet de l'Etat pour croire aux promesses de M. Mittal, nous, on n'y croit plus du tout", a répliqué Edouard Martin, l'un des responsables de la CFDT.

Nicolas Sarkozy, qui a annoncé jeudi le redémarrage d'un haut-fourneau de Florange au second semestre, a été vite corrigé par un communiqué d'ArcelorMittal précisant qu'une telle décision n'interviendrait qu'en cas de reprise économique et d'augmentation de la demande d'acier.

L'un des manifestants a été pris de malaise lors de l'intervention des gardes mobiles qui s'est déroulée sans violence.

Les voies de la gare "ArcelorMittal" d'Ebange ont en revanche été occupées toute la journée par les syndicalistes.

Une trentaine de trains y transitent chaque jour pour alimenter l'usine en brames d'acier fabriquées par les hauts-fourneaux de Dunkerque ou emporter les rouleaux d'acier fini destinés aux industries du packaging ou de l'automobile.

Les salariés de Florange menaient cette nouvelle opération coup de poing au moment où se tenait en région parisienne le comité central d'entreprise interrompu la semaine dernière à la demande des syndicats.

"Notre problème, nos revendications restent toujours les mêmes : pérennisation, redémarrage des hauts-fourneaux et investissements maintenant", a expliqué Edouard Martin.

"MITTAL VEUT NOUS TUER"

Sur les 17 millions d'euros d'investissements annoncés jeudi pour le site, seuls deux, prévus depuis octobre dernier, concernent la filière liquide qui emploie 500 personnes sur 2.700 à Florange.

Les syndicats craignent son abandon pur et simple en Lorraine au profit des sites côtiers, plus rentables, et des pays low cost.

"Mittal veut nous tuer", a dit Edouard Martin en affirmant qu'ArcelorMittal aurait refusé cette semaine à Florange des commandes pour son activité packaging (boîtes) "parce qu'ils ne veulent pas justifier le redémarrage de la filière liquide".

Un communiqué publié par ArcelorMittal à l'issue du comité central d'entreprise a confirmé les informations de la veille.

La nouvelle action menée vendredi restait symbolique tant par sa durée, limitée à un jour, que par le faible nombre de salariés qui y participaient.

"On veut faire comprendre à notre direction ce qu'on est capable de faire. Pour l'instant, ce sont des messages", a dit à Reuters Walter Broccoli, secrétaire de Force ouvrière.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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  • M1900860 le vendredi 2 mar 2012 à 16:08

    Ça va faire avancer le schmilblique.

  • birmon le vendredi 2 mar 2012 à 14:31

    Quand le site sera définitivement fermé, le TGV Paris Luxembourg arrivera plus facilement à l'heure.